630 LA REVUE SOCIALISTE J'une vie sociale meilleure. C'est un àrt qui a sa noblesse et personnellement nous satisfait. mais quand on donne une pièce socilllc pro• premcnt dite, quand on présente une pièce comme une pièce sociale, le public et la critique peuvent légitimement s'attendre sinon à un système d'organisation, du moins à des fragment~ d'idées, à des coins de théories précises qui soient des affirmations. Ainsi lorsque MM. f .-H. Rosny, dans leur livre si poignant, I' lmpél'ieusc bonté, découvrent cet immense panorama de misère sociales qu'ils ont sinon vécues, du moins senties avec leur haute intelligence et leur cœur, ne se bornent-il pas à J'étalage affolant de toutes ces douleurs : Pour les apaiser, ils conseillent la Bonté, non point passive et résignée, mais la Bonté mettant en œune toute les forces du cœur et de l'esprit, devenant pour l'égoïste mème une jouissance et la pl us corn piète affirmation de I'ètre. Nous savons que la forme dramatique, rapide, toute d'action se prête mal aux exposés. Mais on peut traduire ses idées en actes, incarner son opinion dans un personnage qui la fait vivre, diriger la pièce vers des situations qui en précisent les tendances. D'autre part, nou~ voyons par l'œuvre d'lbsen qu'on peut résumer dans une brève langue très scénique les aperçus philosophiques ou sociaux les plus compliqués. Si MM. Mourey et Adam n·ont pas beaucoup élucidé les problèmes sociaux, il les ont au moins très limpidement exposés, dans une forme très dramatique, avec un grand élan de justice et de solidarité humaine. Leur œuvre apparait haute et généreuse. Au point de vue purement humain, ils ont apporté une idée fort juste, issue d'une obsen·ation clain·oyante. Ils ont montré lïmportance du caprice de l'homme sur les faits les plus graYes qui devraient ne dépendre que de la raison et de la logique. L'industriel résiste aux réclamations de ses ouYriers, malgré la menace d'un conflit dangereux pour tous, il s·entête dans son refus. Pourquoi ? On pense que ce sera à cause d'une impossibilité absolue, démontrée, de répartir autremenJ, à l'heure actuelle, les salaires respectifs du capital et du travail. Point. L'homme pourrait à la rigueur céder, Il cédera dans un instant. Mais on l'a privé de sa maîtresse sans laquelle la vie lui est pesante, il souffre, il est aigri, ne rêve que représailles, et ne veut consentir à aucune amélioration. Et, à cause de son désespoir sentimental, des centaines d'ètres ont faim, s'irritent dans la détresse, vont s'exposer, dans leur furie, aux brutalités d'une répression. Sa maîtresse soudain lui est rendue. Les conditions matérielles de son industrie sont les mêmes. Les exigences des ouvriers ne sont pas moindres et plus modérées dans leur manifestation. Mais il est heureux, il veut de la joie autour de lui et rêve de bonté, Alors~
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