La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

REVUEDESREVUES société qui a fait la grandeur du juif. « On lui a fermé l'entrée aux corps de métiers, mais il s'est mis au-dessus de ces derniers par-la voie de l'individualisme poussé à outrance. On l'humilie dans les relations sociales, mais il est devenu quand même le roi de la société moderne.»- Le juif qui apparait comme un membre à part de la société bourgeoise, n'est en somme que l'expression de la juiverie de la société moderne ... Le Dieu de l'intérêt individuel. c'est l'argent .... Or, ce dieu des Juifs s'est universalisé, il est devenu le dieu de l'univers .... Les Juifs se sont émancipés parce que les chrétiens sont devenus des juifs. » C'est d'ailleurs exactement la même idée qui se dégage de la très. remarquable étude de M. Bernard Lazare sur 1'.-intisémitisme au ,lloyen-Age dans la REVUEBLANCH(En° d'avril.) C'est l'Eglise en interdisant à ses fidèles le prêt à intérêt qui fit les Juifs usuriers; les persécutions les obligèrent à n'être que commerçants. « Menacés perpétuellement par l'expulsion, toujours campés, les Juifs devaient parer aux· éventualités redoutables de l'exil. Ils avaient besoin de transformer leur avoir de façon à le rendre facilement réalisable, de lui donner par conséquent une forme mobilière; aussi furentils les pl,us actifs à développer la valeur argent, à la considérer comme . marchandise. » De plus, « peuple énergique, vivace, d'un orgueil infini, se considérant comme supérieur aux autres nations, le peuple juif voulait être une puissance; il avait instinctivement le goût de la domination. Pour exercer une sorte d'autorité, les Juifs n'eurent pas le chcix des moyens. L'or leur donna un pouvoir que toutes les lois politiques et religieuses leur refusaient et c'était le seul qu'ils pouvaient espérer.» Mais la bourgeoisie se défendit vigoureusement contre cette puissance qu'elle-même avait créée. ,< Au quatorzième siècle et au quinzième siècle, on voit se dessiner la lutte moderne du capital chrétien contre le capital juif, et le bourgeois catholique regarde d'assez bon œ;l le massacre des Juifs qui le débarrasse d'un rival souvent heureux ». De nos Jours, d'ailleurs, la réconciliation est faite: tous les partis ne tendent-ils pas à se fondre en deux: celui des riches et celui des pauvres! M. Henri Ribeyre le constate dans sa Chroniq11e J)Olilique. « On s'explique que les divisions entre les républicains modérés et la droite se soient effacées. La noblesse et la finance réactionnaires n'ont pas tenu rigueur à un régime qui faisait la part 4ussi large aux influences ... Ur.e logique invincible veut que l'oligarchie politique corresponde à l'oligarchie économique. » • Jusqu'ici les sociologues n'ont pas cru devoir, pour expliquer, étayer en quelque sorte leurs études, définir auparavant et caractériser la méthode qu'ils entendaient y appliquer. M. Durkheim, le savant auteur Je la Division du trnvail social, estimant que c'est là l'indice ·d'une science encure embrumée de métaphysique, rompt avec cette

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