622 LA REVUESOCIALISE rachitiques et des colosses. ll purifiera l'art en lui restituant son vrai but : le culte du beau; en simplifiant la lutte pour l'existence, il défendra le peintre des chromos et le poète des feuilletons pour le Petit Journal. Qi_1evous reprochiez à la formule de la Révolution d'être incomplète, peu précise et trop métaphysique, que vous ·préfériez aux mots. consacrés certains autres qui V'.:.USa_gréent mieux, que vous remplaciez égalité et fraternité par solidarité et sympathie, nous vous l'accordons volontiers, mon cher Bérenger, mais que vous vous disiez notre adverssire, nous ne pouvons pas vous croire. Cette tendance que nous craignons d'avoir sentie en lisant M. Bérenger et qui exile l'artiste ou le savant dans la solitude de sa pensée, en dehors de la foule, est très nettement analysée par M. Maurice Baud dans l'IDÉEL1BRE(n° de mars). - En quelques fortes pages et sous ce titre l'A.rt et le Penple, l'auteur expose comment l'individualisme exagéré de notre siècle, et plus particulièrement de l'heure présente, va contre le but même de l'art en le « cérébralisant >~, en l'isolant de la vie sociale. « La cérébralité exclusive, c'est l'isolement. L'isolement, c'est le vide, le vide de l'esprit, du cœur, le vide improductif. infécond, inutile .... Le mal, c'est la solitude. >' D'ailleurs, « la supériorité n'est pas en le seul effort mental, conception. maturation de l'œuvre » Et dans une formule d'aspect rébarbatif, serré~mais précise. M. Baud ajoute, d'après Guyau : « Ce qui importe surtout, c'est l'effort moral suffisan~ pour mettre d'accord la vie individuelle 1~ plus inten- $ive, - disons l'artiste, avec la vie sociale la plus extensive, - disons. le Peuple ... L'art c'est la nature aimée, manifestée selon un rythme distinct, voulu telle et représenté ... Mais qu'est-ce que l'homme en dehors de la nature? Le cerveau oublieux de son origine s' exorbite, n'est que néant. '> II existe d'ailleurs, cet art du peuple, cet art où bat le cœur de tous, où flamboient les espoirs communs. Dans la REVUE DES REVUES (no du 15 avril), une étude sur la Poésie prorocatrice et la poésie humanitaire en .4lle111agne, après aYoir examiné le patriotisme de café concert au-delà du Rhin, y oppose ,< la poésie socialiste, dite poésie ouvrière >'. « Qµel amour ardent pour l'humanité, s'écrie l'auteur, quelle estime pour les droits de l'homme, quelle conception noble de la fraternité des peuples! .... A la tête de ces poètes, recrutés parmi les enfants du peuple, marchent Guillaume Hasenclever, Max Kegel et tant d'autres écrivains, qui, tout en versant des larmes devant les misères du peuple, trouvent assez de foi pour chanter en vers enflammés son avenir glorieux, fondé sur la fraternité internationale et le désarmement universel·. ~>- Dans le même recueil, et d'après une étude de M. Otto de Boenigk dans la GEGENWARTu,n intéressant article sur Hari .lfar.r et l'.inlisémilisme. Pour l'auteur du Capital, c'est le mépris de la
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