618 LA REVUE SOCIALISTE ment de toute sorte, et c'est pourquoi nous les avons transcrites en les adaptant plus spécialement à la littérature française de notre temps. *** Dans l'article « la Vie artistique moderne », Fritz Kunert donne la synthèse philosophique des nouvelles tendances qui se font jour en Allemagne dans l'art et la littérature, spécialement dans l'art. On y trouve une analyse très fine de la jeune école allemande, dont l'apôtre est J. O. Bierbaum et l'organe le Freie Biibne, une critique aigue des socio-mystiques en peinture (leur maitre est von Udhe), des conclusions fermes sur l'avenir de l'art social. L'auteur reconnait parfaitement avec Emile Hennequin, d'accord en ceci avec l<ant, Rabier et beaucoup d'autres, que l'évolution esthétique a cela de particulier qu'elle ne se traduit pas en actes, qu'elle est une fin en soi; mais il remarque avec les mêmes auteurs que l'art, d'abord poursuivi pour lui-même, acquiert par la suite une influence morale et sociale indéniables, par sa diffusion dans le public non artiste proprement dit, mais pourvu de facultés esthétiques très suffisantes pour s'émouvoir et de puissances toutes prêtes à traduire les émotions même esthétiques en actes. Or, c'est un fait que le public, celui même dont les artistes recherchent les suffrages tout en le dédaigr,ant parfois par pose, devient de plus en plus la partie vivante, et socialiste de tendance, dè la nation. L'auteur fait remarquer que les prétendus « amateurs " sont le plus souvent des spéculateurs, que le vrai public, celui qui distribue la gloire, s'est singulièrement élargi. Ce n'est plus cette minorité d'honnêtes gens, au sens ancien du mot, cette petite élite de blasés et de dilettantes purement passive; c'est la nation toute entière, jusque dans ses membres les plus humbles en apparence. qui prend désormais une part active et essentielle à l'évolution des arts de son époque. Parler d'art socialiste, ce n'est pas tenter. ce qui serait bien inutile, de pervertir la nature de l'art (il ne s'agit pas directement des artistes), mais c'est noter ce fait indéniable : que le milieu social étant changé et ce milieu social étant un milieu actif qui ne se contente plus de servir de matière à l'art, mais qui en jouit et en juge, les plus hauts artistes et les plus puissants ce sont précisément ceux qui se mettent le mieux d'accord avec ce milieu vivant. En ce sens, non pas au sens étroit de Proudhon et de Cour!Jet, il y a et il y aura de plus en plus un art socialiste. *** Le « Capitalisme fin-de-siècle•>, de Karl Kautsky, est une étude complète sur les dernières évolutions de la propriété et du travail. En même temps que l'abime se creuse de plus en plus entre les deux termes, il se trouve que le capitalisme va rejoindre le socialisme par des voies détournées. C'est ce que l'auteur appelle<< capitalisme fin-desiècle >'. Ce capitalisme fin-de-siècle, c'est un capitalisme qui, par la fo:ce des c!10.,:!s, et à son corps défendant, est amené. à prendre à
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