• REVUE DE LA PRESSE ÉTRANGÈRE véritables découvertes pour l'enfant. Les sciences naturelles, la curiosité historique, voilà un vaste champ pour l'intelligence enfantine. Cela ne veut pas dire que tout le champ de l'instruction populaire soit exploité comme il conviendrait. Pour la science et la curiosité, rien ou peu de chose à changer aux anciens livres. Il suffit de les mettre au courant comme on fait. Il n'en est plus de même pour la poésie, pour le drame et le roman. Ici une réforme radicale s'impose. La poésie, même celle qui sympathise le plus aux souffrances du peuple, a produit ' sans doute des cl~efs-d'œuvre, en Allemagne. en Angleterre, en France, un peu partout., Le drame et le roman aussi. Mais c'est toujours une poés-ie bourgeoise, en ce sens qu'elle peint le peuple ou ce qu'elle imagine sous ce vocable, non dans son ascension croissante, mais dans son irrémédiable misère. Cette misère est dramatisée, poétisée, dans Heine, dans Dickens, dans Victor Hugo, dans Zola, Clade! et tant d'autres illustres écrivains. ' Ce n'est plus de cela qu'il s'agit aujourd'hui; mais les socialdémocrates sont-ils bien propres, actuellement, à la nouvelle œuvre d'éducation enfantine qui s'impose? La rédaction ne le pense pas. Inter arma silmt artes: ce n'est pas quand on se bat pour l'émancipation des hommes faits qu'on peut songer à faire de beaux livres - car il faut qu'ils soient beaux, c'est la première condition - pour la récréation des enfants, que la lutte guette dns doute, mais qui provisoirement n'ont qu'à s.'instruire et à s'amuser. On doit attendre encore longtemps une éclosion de poésie socialiste enfantine. Heureusement, ajoute la rédaction, cela n'est pas absolument nécessaire. En cherchant bien, on trouve cette poésie ou quelque chose de très analogue. fi faut seulement procéder par sélection et par exclusion. Cette sélection et cette exclusion sont indispensables. G!.te de patriotisme haineux et meurtrier, que de byzantinisme pseudo-religieux dans les meilleurs mêmes, dans Victor Hugo, dans Dickens, à plus forte raison dans Déroulède, Coppée, Erckmann-Chatrian, pour ne pa_rler que des écrivains français, mais aussi que de beaux caractères tracés, que de choses propres à enflammer l'imagination enfantine dans le meilleur sens du mot, à lui inspirer l'amour des vertus viriles et sociales, la h</,inede la cruauté, de la bassesse, de l'esclavage du cœur, de tous les vices antisociaux ! En fait d'éducation enfantine, il n'y a pas, semble-t-il, de tradition à rompre; il faut utiliser les excellentes parties de la tradition ancienne pour des buts ultérieurs. Nous sommes les héritiers d'un riche passé. Si l'avenir doit être plus riche encore, tant mieux! mais ne jetons pas par-dessus bord d'anciennes et bonnes provisions, sous prétexte que des moissons meilleures vont germer du sol. Ces réflexions pédagogiques nous ont paru excellentes et s'appliquer aux livres d'enseigne-
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