La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

REVUE DE LA PRESSE ÉTRANGÈRE la conception socialiste tout ce qui lui est nécessaire et mème absolument indispensable pour prolonger son agonie, on ne dit pas pour perpétuer son existence. L'auteur énumère et analyse tous les emprunts qu'a dû faire le capitalisme à la conception socialiste : division du travail social, lois de fabrique, intervention des pouvoirs publics, grands magasins. Il termine son étude très nourrie et que nous regrettons de ne pouvoir transcrire ici, en ses principaux chapitres du moins, par cette appréciation des tendances conservato-socialistes telles qu'on peut les voir dans le socialisme chrétien de M. de Mun et du docteur Meyer : ces gens sont des conservateurs. Ils se tiennent sur un terrain tout-à-fait différent de celur' de la social-démocratie. Ils s'écartent d'elle sur beaucoup de points importants. Leurs pensées sur •révolution sociale suivent une tout autre direction que celle de Karl Marx. li n'en est que plus remarquable que, contre leur volonté et malgré leurs répugnances, poussés par la nécessité, ils en arrivent à un résultat qui ne diffère pas essentiellement du résultat poursuivi par Marx. Ils conviennept, avec lui, que la dissolution, l'effondrement de la société éconornique actuelle est imminente. lis ne perdent pas sans doute toute espérance que l'Etat et les classes dirigeantes ne puissent se rendre maitres du mouvement en entreprenant de leur chef et à leur profit une réforme sociale à fond; ils ne désespèrent pas complètement de mater par là, en leur donnant satisfaction, les classes dirigées, mais la vraisemblance de cet espoir s'atténue de jour en jour, jusqu'à s'évanouir. Des conservateurs, jetant ce cri d'alarme et d'annonce : Révolution l voilà le capitalisme fin de siècle. •*• Dans sa (( Critique d'un manuel social-politique », la Neue Zed fait des remarques qui s'adressent à la fois au catéchisme de Knorr et au catéchisme de Taba1:ant. Le docteuY Lux fait la critique du manuel de Knorr, Paul Kautsky celle du pamphlet de notre collaborateur. On lira dans les articles mèrnes le détail de ces critiques. Elles se résument toutes dans ceci : que, s'il est permis dans une chaude discussion ou dans des articles de journaux jetés à la hâte, de s'écarter de la droite ligne des doctrines, il n'en est plus de même, lorsqu'il s'agit d'un " résumé», d'un <( manuel ». Dans ce dernier cas on a le droit d'exiger que le catéchisme soit fait avec le soin le plus méticuleux et le souci permanent de ne s'écarter ni à droite ni à gauche hors de la route royale des principes posés par le parti. Plus simplement ce qui est reproché tant à l'opuscule de Knorr qu'au catéchisme de Tabarant, c'est de n'être pas des manuels purement marxistes et de dévier tantôt à droite vers la philosophie de l'humanité, tantôt à gauche vers l'anarchisme; c'est aussi de faire usage et même abus des formules pitto- . resques et des apophtegmes caricaturaux, sur les conservateurs, les .antisé:nites, les socialistes chrétiens par exemple . .Peut-être pourrait-on .,,.,, - J

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==