LE MOUVEMENT OUVRIER SUÉDOIS 60j <:rates sans faire attention aux avertissements et aux menaces d'une partie de la presse libérale. et la campagne envoya ses chefs libéraux dans le Parlement du peuple, mais tellement tenue en haleine par les socialistes que ces derniers comptaient 30 élus sur les 120 membres de cette Chambre fictive (1). , Tout autrement se passaient les choses à Stockholm. Au second tour de scrutin au mois de septembre 1892, les socialistes demandèrent aux libéraux comme témoignage de leur intérêt pour les ouvriers et le suffrage universel de laisser le choix des candidats démocratiques de la cinquième circonscription aux électeurs eux-mêmes, d'autant plus que le socialiste Branting avait obtenu, dans une élection d'essai, 1313 voix contre 53 données à son concurrent libéral. Les libéraux refusèrent catégoriquement toute entente, élurent aux élections définitives leur candidat avec 361 voix contre 323 données à Branting et 304 au candidat conservateur. Tout cela se passait malgré les avertissements d'un grand journal libéral, qui craignait la rupture définitive entre son parti et les organisations ouvrières et pl_aidait énergiquement jusqu'à la dernière semaine l'union avec les social-démocrates. Il est tout naturel que ce procédé de la majorité des libéraux sema beaucoup de haine parmi les ouvriers, et quand les libéraux voulurent s'attribuer la part du lion aux sièges de la Chambre (fictive) et prétendirent d'une manière hautaine que c'était grâce à eux si quelques socialistes arrivaient, Je signal de lutte était donné. Les socialistes composèrent alors eux-mêmes la liste collective où ils insérèrent les noms de deux libéraux, celui du Dr Bergstrœm et du député J. Manvrell, doyen du mouvement du suffrage universel en Suède, y ajoutèrent indépendamment les dix aunes noms et firent passer leur liste avec 12,000 voix contre 9,000 données aux libéraux et conservateurs unis(1). (1) Nous ne connaissons pas le programme des social-démocrates sucdois, par lequel ils avaient conquis le quart des sièges dans ce Parlement clii 71e11µfr et nous ne comprenons pas leur beau succès, d' a11tant plus que le veritable parti socialiste, en aucun pays, ne peut se vahter d'avoir une pareille proportion de représentants au Corps lcgislatif, que la social-démocratie suédoise est encore bien jeune, que le pays est essentiellement agricole et conservateur et qu'aux dernières élections législatives • (octobre 1893), les socialistes suédois n'ont obtenu aucun siegc à la Chambre. Cc programme n'ctait-il pas plus radical-libcral que socialiste-collectiviste? (,\'ale dit traducteur). (2) Autant qne nous sachions ce jeu d'un Parlement d'essai et sans pouvoir, est sans précédent dans l'histoire et par conséquent intéressant à noter. Il est d'autant plus intéressant qu'on a fait plusieurs essais et qu'on a employé les divers modes d'élections, comme le scrutin individuel par circonscription, le scrutin des listes collectives. etc. C'est le dernier mode, comme on voit, qui a été favorable aux soci~- listes de Stockholm. A la campagne le résultat de ce mode devait naturellement être tout autre, quoique le compte-rendu ne le mentionne pas. (.Yole dn lrad1~clrur).
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