LE MOUVEMENT OUVRIER SUÉDOIS grand intérêt les diverses phases de la grève de Norberg et cette lutte à beaucoup contribué à l'éclaircissement de la question sociale et l'a mise à l'ordre du jour comme une question brûlante. On comprendra facilement que dans ces conditions nos jeunes sociétés professionnelles n'ont pu grossir leurs caisses. Mais, au contraire, les membres des organisations ouvrières ont fait beaucoup pour les secours mutuels et ont ainsi justifié le caractère généreux et chevaleresque des Suédois. D'autre part les ouvriers ont compris que cela ne peut continuer ainsi, et depuis le courant contre les grèves non préparées et imposées s'accentue de plus en plus. Malheureusement la propagande professionnelle et socialiste a été beaucoup entravée ces dernières années par le manque de fonds. Mais le mouvement ouvrier s'avance quand même et le succès de la .~Janifestalion du ,Jer mai nous le témoigne suffisamment. Il est vrai que pour la Suèllc celte démonslrulion est née sons une étoile heureuse. 1misque le /cr mai est nn jour de filte depuis des le1111isinmzémornulcs. Néanmoins les amis comme les adversaires étaient étonnés qu'au 1 cr Mai 1890, à Stockholm seulement, plus de 1 5 ,ooo manifestants arrivèrent en rangs serrés sur la Plac,1 <l'e.1'Crcice où un nombre plus grand encore d~s camarades les attendait. Cette manifestation du 1.,,.Mai, qui se généralise d'année en année dans le pays entier, a eu pour etTet pratique que la journée de travail de 13 à 1 5 heures a été diminuée dans la plupart de~ grandes propriétés rurales. Le 11wnqtte de travail fut particulièrement grand à Stockholm en hiver 1891-1892, et les socialistes qui avaient déjà essayé d"attirer les ouvriers sans métier dans le mouvement professionnel fondèrent alors une« Sociétédessans-trnrnil» qui inquiéta beaucoup la bourgeoisie de Stockholm et obtint de la part des conseillers municipaux quelques concessions. Le 1 cr février 1892 quelques désordres eurent lieu. parce que la police avait conte5té aux ouvriers le droit des processions libres dans les rues. Mais les tribunaux refusèrent de suivre les procureurs qui accusaient de rébellion les socialistes connus et demandaient des puniti::>nssévéres contre eux. En été 1892, le qualriè111e congrès des sociétés J)/'0/essionnellcs scandincwe.; fut tenu à Malmoe. Le premier avait eu lieu à Gothenboug en 1886. Les délégués libéraux et socialistes suédois étaient alors en nombre égal; mais le mouvement ouvrier libéral en Suède avait rapidement diminué depuis. En 1888, le~rs sociétés ne se firent plus représentées au congrès de Copenhague et il en fut de mème en 1890 à Christiania. Le congrès de 1892 eut son importance particulière en ceia que le socialisme suédois établissait une relation intime avec son frère ainé, le parti socialiste danois, et rompait définitivement avec la section antiparlementaire et quasi-anarchiste.
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