LA REVUE SOCIALISTE voltés par le renvoi de deux camarades qui, au nom de tous, avaient présenté à la direction quelques modestes desirata. Les ouvriers perdirent aussi cette grève, mais l'organisation des ouvriers du fer et d'autres métaux prit un essor considérable. A Gefle tous les ouvriers des grandes soieries se mirent en grève à cause de la diminution de salaire. Quand la situation menaça de devenir critique, la grève étant proclamée dans la ville entière. les tribunaux forcèrent les patrons à se soumettre a un tribunal arbitral. C'était donc toute autre chose qu'en 1879 à Sundswall ! Ce tribunal, où les ouvriers furent représentés par Branting, prononça un jugement favorable ai1x ouvriers presque sur tous les points. A Malmoe il y eut des tumultes dans les rues à l'occasion d'une grève de charpentiers, mais ces tumultes ne venaient pas des ouvriers organisés. • La lutte la plus importante et la pl us acharnée entre le capital et le travail éclata à Norberg, dans un district minier de la Suède centrale. Les ouvriers d'une mine étaient déjà depuis quatre mois en grève a cause d'une question de salaire, quand tous les mineurs du pays cessèrent le travail pour soutenir les revendications de leurs camarades. Les propriétaires des mines, parmi lesquels se trouvaient beaucoup de grands industriels suédois eurent peur et firent mobiliser l'armée contre les mineurs paisibles, mais un préfet humain parvint à constituer un tribunal q'arbitrage et à éviter des collisions. (Cela se passait avant la grève de Gefle). Les mineurs qui avaient reçu des secours de tous les socialistes, et notamment je ceux de Stockholm, élurent d~ux stockholmiens comme arbitres : le député libéral, Fredholm et Branting, rédacteur en chef du Social Démocrat. Le verdict leur donna raison sur presque tous les points. Cependant la pc1ix ne fut pas encore établie a Norberg. Dans une exploitation minière quelques ouvriers furent renvoyés sous des prétextes tels, que· les camarades crurent a une vengeance contre le verdict du tribunal arbitral. Ils cessèrent le travail et il y eut quelques tumultes sans importance qui furent, par la suite trop sévèrement punis par les tribunaux. Ainsi le meneiir de grève de Norberg, le mineur Qvarnstrœm fut condamné par le tribunal royal à quatre mois de réclusion pour avoir fait un geste devant un l'Ompeur de grèrc (scab), sans le toucher, bien entendu. Cette dernière grève de Norberg allait déjà prendre fin, lorsqu'au mois de novembre les propriétaires des mines exigèrent que les ouvriers signassent un nouveau bail qui devait les rendre encore beaucoop plus dépendants des mines qu'auparavant. Cette exigence provoqua la troisième et la plus grande grève des mineurs. Pendant six longs mois d'hiver 700 mineurs soutinrent, gràce aux secours de tous les ouvriers suédois, la lutte inégale ; enfin les derniers combattants déjà clairsemés durent se soumettre aux conditions du capital. Mais toutes les classes de la société suédoise avaient suivi avec le plus
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