La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

LE MOUVEMENT OUVRIER SUÉDOIS 60, non seulement aux ouvriers 'de Malmœ, mais aussi aux camarades de Copenhague et aide ainsi à resserrer les relations entre les socialistes suédois et danois en laissant en même temps un bénéfice à la Caisse du parti ouvrier. Bien autres étaient les choses en 1890 à Stockholm. Là les _ adversaires principaux étaient les libéraux qui promettaient le suffrage universel et beaucoup d'autres réformes et dénonçaient en mêmes temps les socialistes comme des adversaires dangereux de l'union. Deux circonstances amenèrent les libéraux au pouvoir. Premièrement, en Suède la majorité relative était suffisante aux élections et deuxièmement, la !11assedes électeurs voulait à tout prix se venger des protectionnistes conservateurs qui, en 1887, par des artifices juridiques, avaient faussé les élections de Stockholm. Dans ces conditions les réunions publiques, où les ouvriers étaient en majorité, applaudissaient en vain les candidats socialistes et démocratiques; les soi-disants candidats ourriers, désignés malgré les protestations énergiques des ouvriers, furent élus par les électeurs bourgeois. Dans la cinquième circonscription Hj. Branting n'eut que 186 voix, pendant qu'un libéral. propriétaire de maison et président de la Société ouvrière mentionnée plus haut, fut élu par plus de 1000 voix. Cet insuccès prépara à Stockholm le terrain pour une tendance anarchiste qui ne voulait rien savoir des élections du suffrage universel du programme momentané etc., et trouva son chef en T1.inkeBergegren, ancien collaborateur au Social Dimocrat : Cet esprit paradoxal et confus propagea avec une certaine habileté les idées de Most sur la « propagande par le fait » etc., en faisant appel aux passions des ouvriers les plus opprimés. Ce petit rr,ouvement, énergiquement combattu par Branting dans le Social Démocrat n'eut jamais de succès, mais il fut à un moment donné assez fort pour donner au second congrrsdu parti, tenu à Norrkœping en 1891, les allures de combat entre les social-démocrates et les socialistes anarchistes. Cependant la victoire des premiers fut complète. Le congrès accepta toutes les propositions de principes formulées par Danielsson et Branting en écartant les manœuvres anarchistes et prit la résolution importante de convoquer en 1893 un~- Parlement du peuple» pour l'obtention du suffrage universel. (1) D'ailleurs, les années 1890 et 1891 furent en Suède de véritables années de grèves. A Stockholm les ouvriers boulangers cher~hèrent en vain à obtenir une situation un peu plus libre. Presqu'au même moment 700 ouvriers de la grande fabrique de machines de Bolinder qui jusque-là étaient restés hors de mouvement, cessèrent le travdil, ré- ( 1) C' et ait un Parlement fictif pour compter les voix de citoyens suédois qui désiraient le suffrage universel. (Note du trad.)

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