I LA REVUE SOCIALISTE entre la classe ouvrière et les partis bourgeois, y compris aussi les radicaux, fut vivement mis en évidence : les revendications les plus proches, comme le suffrage universel et la journée normale du travail furent discutées, moins longuement pourtant la propagande des idées socialistes. Une organisation, qui existe encore aujourd'hui, fut établie pour tous les métiers et toutes les sociétés politiques sans distinction. La masse des ouvriers socialistes suédois n'appartient à aucune société politique, mais seulement aux sociétés professionnelles qui, si elles se décident à adhérer au parti socialiste, payent une petite cotisation à la caisse centrale et élisent le comité central du parti. D'autre part, la plupart des membres des sociétés professionnelles sont socialistes et, mises à part les quelques unions professionnelles qui ont une organisation spéciale, ramifiée dans toute la Suède, le parti socialiste apparait comme Je noyau ou le lien d'attache de toutes les sociétés profession ne Iles. Le gouvernement se hâta de répondre à ce congrès par une loi de répression qui était déjà préparée avant la fin de la session parlementaire, au printemps de 1889: mais à la nouvelle chambre les libéraux craignirent peut-ètre d'éprouver sur eux-mêm•s la loi-muselière et la repoussèrent sur ses points essentiels. Le point culminant des répressions gouvernementales était ainsi franchi. La nouvelle Chambre libérale modérée, élue en 1890, et les sphères bourgeoises, après avoir qualifié de honte nationale la violation du droit de réunion des ouvriers, inaugurèrent une polititique d'apaisement et les tribunaux eurent enfin une attitude plus tolérante à l'égard du mouvement ouvrier. Cette circonstance est certainement une des causes pour lesquelles la social-démocratie suédoise a pris un ton beaucoup plus calme que pendantles premières années de sa« Sturm-und DrangPeriode. ~ La grande majorité des ouvriers suédois n'ayant pas le droit de vote, les socialistes ne prirent part aux élections de 1890 que dans deux centres ouvriers, à Stockholm et à Malmœ. Dans cette dernière ville Je candidat socialiste Danielsson eut 300 voix; le candidat conservateur fut élu par 600 voix environ. Ce commencement remarquable fut la cause que les socialistes suédois se décidèrent b. mettre les revendications les plus proches au premier plan. Cette tactique leur a permis d'étendre leur influence de propagande et d'organisation sur les petites villes de province et même sur la campagne. Ces derniers temps, le parti a pu ériger à Malmœ deux bonnes forteresses : 1 ° à l'exemple de la Belgique, une grande<< Maison du peuple >' contenant plusieurs salles de réunions, la typographie du parti, les locaux du «Travail,» un restaurant etc., et 20 un beau << Parc du peuple >' qui sert en été de lieu de récréation
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