' LE MOUVEMENT OUVRIER SUÉDOIS 601 promis la plupart des chefs du monde ouvrier libéral, donna une nouvelle impulsion aux esprits plus avancés. Les vieux chefs radicaux n'avaient su opposer que· les vieilles doctrines de Manchester aux jeunes fervents adeptes du socialisme comme- les journalistes déjà nommés, Palm et d'autres pionniers des sociétés professionelles. Le résultat de ce combat intellectuel n'était pas douteux. Les sociétés professionnelles de Stockholm envoyaient l'une après l'autre des représentants socialistes dans leur Comité central et la conquète fut si rapide que déj'à en 1886 les libéraux refusèrent d'assister aux réunions de ce comité. En même temps les anciens chefs ouvriers furent peu à" peu écartés des réunions publiques. En vain, le fondateur populaire de « l'Académie ouvrière » à Stockholm. le docteur Anton Nyscrœm, cherch~-t-il à détourner la marche du socialisme. C'était un positiviste énergique et très actif qui depuis de longues années avait défendu les intérêts ouvriers et avait, entre autres, soutenu de son mieux la création des sociétés professionnelles, mais son prestige périclita commt: celui des autres. En vain la vieille ,, Société ouvrière >' ferma, après une assemblée tumultueuse, sa salle de réunions aux socialistes. Depuis cette époque, à Stockholm et encore plus à Malmœ, le public des gran·des réunions publiques est nettement socialiste. Les flots de l'agitation socialiste parmi les ouvriers montaient de plus en plus en Suède et les tribunaux commençaient à chercher dans les lois des armes contre eüx. Auguste Palm, dont tout le monde s'était moqué jusqu'alors, fut condamné à la prison pour insulte au Parlement. En 1f<88les protectionnistes conservateurs avaient remporté la victoire sur les libéraux et étaient arrivés au pouvoir. Les défenses et les dissolutions de réunions, les confiscations de journaux, sans parler des défenses de louer des salles etc, se mirent alors à pleuvoir, et aussi :es accusations d'insulte, de diffamation, de lèse-majesté, <l'outrage au parlement ou aux fonctionnaires, de blasphème. Déjà en 1884, le poète suédois bien connu, Augustc Sc rinduerg fut accusé de ce délit, mais sans résultat. Maintenant l'apparition de quelques agitateurs libres-penseurs. dont Victor Lennstrand est le plus connu, excita particulièrement la sensibilité des tribunaux pour la dévotion. Axel Danielsson fut c:ondamné à dix-huit mois de prison et d'autres condamnations se suivirent si rapidement que pendant l'été de 1889, par ex., tous les rédacteursen-chef des journaux socialistes se trouvaient sous les verrous. Malgré toutes ces mesures de rigueur, les socialistes organisèrent, au printemps de 1889 leur premier Congrès constituant du parti à Stockholm. Des délégués, au nombre de soixante environ, arrivèrent de toutes les parties principales du pays. Un souffle ardent de combat passa par les assemblées et caractérisa les résolutions du congrès qu produisirent du dehors une impression encourageante. Le programme socialiste marxiste fut adopté avec toutes ses conséquences; le contraste
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