La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

600 LA REVUE SOCIALISTE de conso111111ationet de production, s'ils se réunissaient tous sous sa direction en ,, Cercles " de cent hommes. Les ouvriers, encore ignorants en question sociale, se groupèrent autour du nouveau messie qui avança un peu d'argent pour la cause, et promit encore beaucoup plus. En 1883, rienqu'à Stockholm, 20,000 hom111ess'étaient organisés dans ces « Cercles ». Naturellement la bulle de savon creva bientôt sans, pour le moins du monde, avoir amélioré la situation des ouvriers. M. Smith se jeta dans d·autres spéculations. son associé s'esquiva comme un escroc en A111érique,et de tout ce château de cartes il ne resta qu'une cuisine popu Jaire à Stockhol111,laquelle disparut aussi quelques années après. En 1884, au contraire, le mouve111ent des sociétés professionnelles, notam111ent à Stockhotm. s'était accentué et les ouvriers organisés suédois purent déja envoyer des secours 111atérielsassez considérables à une grande grève de forgerons à Copenhague. En 1885, ie jeune mouvement reçut pour la première fois son organe propre, « Le Temps >', rédigé par un ancien étudiant llja!lltw· If rani i11r1. sous la di rection duquel les tendances libérales furent bientôt supplantées par les idées socialistes. Q1and en 1886 " Le Temps 1• disparut, " Le Social-démocrate ,, prit possession de son héritage. Ce journal, rédigé par Brantinµjusqu'en 1892, et depuis par le camarade C. N. Carleson, ancien étudiant de Upsal, est l'organe central des so.:iétés professionnelles et socialistes et du 111ouvement ouvrier moderne en Suède; depuis 1890, il est devenu quotidien. Pu~r en finir avec la presse ouvrière, nous ajouterons que, depuis 1887, p~::·ait à Malmœ un journal socialiste,( Le Travail>' devenu quotidien depuis 1890, sous la direction de l'ancien étudiantA .rel /)11niclsso11 qui le rédige avec une grande habileté et une supériorité reconnues· même par ses adversaires les plus acharnés et qui dirige le mouve111ent considérable de la Suède méridionale. Depuis la disparition forcée du journal socialiste" La Voix du Peuple » rédigé par P, Eriksson, paraissent ,< Le Nouveau Temps» à Gothenbourg, sous Fr. Sterky, et « Le Prolétaire >' à Norrkœping comme journaux socialistes hebdomadaires. T,Jute la presse socialiste suédoise compte environ 10,000 abonnés. li faudrait encore y ajouter les journaux professionnels: ,<L'Ouvrier du fer», ,< L'Ouvrier du bois» et quelques petites feuilles rédigée dans l'esprit socialiste. Le seul organe ouvrier libéral est " La Gazette des Typographes suédois •>. Mais revenons vers 1885. Ce n'est, en effet. pas un miracle que le socialisme fit à cette époque son entrée dans les centres ouvriers suédois. L·exemple du Danemark où, après quelques crises vers 1870, le mouvement professionnel et socialiste s'était depuis 1880 considérablement accru, ne pouvait rester sans influence chez nous. La déception générale après la charlatanerie de Smith, dans laquelle furent com-

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