La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

LA REVUE SOCIALISTE rêts entre les ouvriers et les patrons. Ces socùftés ouvrières existent encore aujourd'hui dans toutes les villes suédoises et représentent un mélange bigarré de toutes les couches sociales. Les ouvriers proprement dits y sont les moins nombreux; en général ce sont les petits patrons qui dominent ; parfois quelques grands 10dustriels forment le comité. A Stockholm, quoique son influence dans le monde ouvrier soit réduite à zéro, aux anniversaires de la création d'une de ces sociétés ounières les convives d"honneur sont toujours les députés libéraux, le préfet et le préfet de police, malgré la lutte violente que les ouvriers de Stockholm menaient pour le droit de réunion, il y a quelques années, contre ces fonctionnaires. Il semblait à un moment que les sociétés ourrières allaient jouer un role politique prépondérant. Elles convoquèrent en 18ïo à Norrkœping la « première assemblée ouvrière suédoise ». Les instituteurs et les petits patrons secondés par quelques journalistes et ouvriers firent les frais de ses délibérations. Le Congrès se distingua par une modestie phénoménale : la crainte de Dieu, les bonnes mœurs, l'application et l'épargne amélioreraient suffisamment la situation des ouvriers. Le deuxième congrès tenu en 1882 à Stockholm, se montra déjà plus radical, et au troisième en 1886 à Oerebro , on était déjà si avancé qu'on a pu faire passer un programme assez démocratique, malgré les protestations des patrons conservateurs. Par contre le congrès refusa, après des débats violents, d'entrer en relations amicales avec le mouvement socialiste qui commençait à se dessiner. Ce refus d'accepter les éléments les plus actifs diminua considérablement la force d'attraction (la portée) du programme qui, du reste, n'était pas si mauvais. Lorsqu'en 1889 les socialistes se con~tituèrent en un parti à part, la grande majorité des jeunes sociétés ouvrières des corporations professionnelles (Trades-Unions) entra dans leur camp. La quatrième assemblée ouvrière tenue en 1890 à Stockholm, sachant à quoi s'en tenir, conclut la série de ces congrès. Mais l'année prochaine on va convoquer un congrès socialiste où, sans distinction d'opinions, tous ceux qui s'intéressent à la question ouvrière seront admis. D'ailleurs tous les éléments vitaux de ces sociét/s ouvrii>res sont actueÎlement absorbés par la lutte pour le suffrage universel qui, dans les dernières années, est devenu une des questions principales. L"année même (1879), où le pieux congrès de Norrekœpirig trouva presque toutes les choses à merveille dans l'excellente société suédoise, des événements importants, survenus pendant la grande grète de Sundswall, jetèrent une lumière vive sur la malheureuse

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