LE MOUVEMENT OUVRIER SUÉDOIS 597 individuels, sans qu'il soit nécessaire d'empêcher· un bonnète frère d'armes de la grande armée ouvrière d'entrer dans le mouvement libérateur. Q.1e les résolutions du Congrès de Zurkh affirment devant le monde entier, non seulement l'unité des revendications, mais aussi celle des moyens que les ouvriers de tous pays emploient pour les réaliser! Confrères et camarades, réunis dans la belle et libre Suisse pour hàter la délivr;mce finale du peuple laborieux, recevez la promesse des camarades suédois, que jamais nous ne laisserons tomber le drapeau rouge de la liberté, de l'égalité et de la fraternité et que nous sommes fermement résolus à marcher en avant à côté des troupes de l'armée ouvrière internationale. Vive le Congrès de Zurich ! Vive la démocratie sociale internationale! Qµand, en 1848,les tempêtes révolutionnaires soufflaient sur l'Europe, quand en Angleterre le chartisme et en France le socialisme étaient les cris de guerre des éléments avancés, en Suède les camarades de classe dormaient encore du profond sommeil du juste, ou, plus exactement, il n'y avait pas encore de classe ouvrière suédoise. Peu à peu l'industrie moderne s'introduisit aussi en Suède et décomposa la vieille vie patriarcale. Mais il faut se rappeler qu'ici les petits propriétaires ruraux forment environ un cinquième de la population entière qui, pendant ·tout le moyen-âge, ne fut jamais réduite en servage. Q.1oique depuis les vingt dernières années ils soient de plus en plus endettés, les paysans continuent à exploiter leurs terres à la manière de leurs ancêtres, forment le ferme noyau conservateur de la société suédoise, et tiennent en main le pouvoir politique depuis la réforme constitutionnelle de 1ti65. Ainsi, en Suède, plus qu'ailleurs, le mouvement ouvrier se restreint seulement aux villes auxquelles il ne faut ajouter que quelques centres industriels de la campagne. Et si l'on se rappelle encore que sur les grandes dimensions territoriales la population est très clair-semée et qu'à peine 20 °/0 d'habitants du royaume habitent les villes, on comprend facilement que le mouvement ouvrier de ce pays ne peut pas avoir les proportions de celui du continent. La première impulsion au groupement des ouvriers en Suède fut donnée par quelques membres de la bourgeoisie libérale, qui fondèrent des ,< cercles d'études», pour répandre l'instruction par des conférences, des cours, etc. A ces ce/'cles succédèrent vers 1860 les sociétés ouin·ières qui furent fondées également sous les auspices des libéraux et par conséquent, effaçaient autant que possible, les différences d'inté-
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