LE SOCIALISME EN ALLEMAGNE 593 ci-après-les principaux passages du programme des candidats socialistes aux dernières élections municipales de Munich : « Laïcisation des écoles; gratuité du matériel scolaire; suppression de la subvention communale aux écoles privées. « Suppression des imp6ts indirects sous forme d'octroi. en première ligne de ceux qui pèsent sur la farine{ « Etablissement d'un conseil du travail communal sur la base des tribunaux des prudhommes, pour surveiller les conditions de travail, de logement et d'aÏimentation de la classe ouvrière. Bureaux de placement gratuit. Statistique sur la position des ouvriers, dressée par des employés qui seront nommés par les intéressés et rétribués par la commune. « Refus de toute subvention communale pour les fêtes de la Cour. pour la construction d'églises, etc., en général refus d'aide financière dans le cas où il n'y a pas obligation formelle pour la commune. « Abolition des soumissions pour les travaux communaux et entreprise de ces derniers par la commune. En temps de ch6mage entreprise immédiate par la ville de travaux utiles. << Admini.stration par la· commune du balayage et nettoy~ge des rues ainsi que de l'affichage public. Extension des moyens de communication. Exploitation rationnelle des forces hydrauliques existantes. « Séances publiqu~s pour toutes les affaires communales. ,, En out~e les candidats socialistes s'engagent à faire leur possible pour l'établissement de logements à bon marché, de bains publics, pour une surveillance plus efficace du travail dans les fabriques et pour une répartition plus éql1itable des traitements communaux>). 11est incontestable que le parti dans son développement général manifeste une tendan_ce de plus en plus marquée à se mouvoiï sur le terrain des réformes ; bien des faits en témoignent. Mais a-t-il par cela abandonné ses principes et tourné le dos à sa grande mission historique, comme de fougueux compagnons de son extrême-gauche l'ont prétendu? Ou du moins s'est-il trop engagé dans cette voie glissante du parlementarisme? Cette dernière objection nous parait seule justifiée. La majorité des socialistes allemands est en effet fort engouée de la propagande parlementaire, et c'est peut-être avec quelque raison qu'on a reproché à ses représentants d'épuiser trop \eurs. forces dans les débats stériles du Reichstag, débats qui, somme toute, ne peuvent guère avancer la solution si ardemment attendue, de b question sociale. Mais il faut considérer d'autre part qu'une fois l'utilité ou même la nécessité de l'action parlementaire reconnue, il est à peu près impossible de tracer à nos porte-paroles une ligne de conduite, de fixer la limite jusqu'à· laquelle ils peuvent s'aventurer sur ce terrain, leur attitude dépendant trop souvent de circonstances imprévues. Ce qu'il importe d'ailleurs de 38
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