La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

I A REVUE SOCIALISTE et l'état arriéré de- la plupart de nos institutions d'Etat sont-ils une raison suffisante pour qu'on se déclare adversaire de toute politique positive? La majorité des socialistes allemands ne le pense pas. Imprégnés de l'idée que dans le cadre de la société actuelle la situation du prolétariat est susceptible d'améliorations, et que, si minimes qu'elles soient, ces améliorations matérielles, vu les efTets de dégénérescence produits par le capitalisme sont d'une importance considérable. voire même d'une nécessité absolue, ses rep_résentants dans !es corps législatifs, surtout au Reichstag. ont toujours appuyé toute loi destinée à protéger le petit contre le fort. Certes le résultat de ces_efforts a été médiocre et il est probable que, si on ne s'était engagé dans cette voie réformatrice que dans J'attente d'une amélioration immédiate et efficace de la situation ouvrière, on !"aurait vite abandonnée; mais on considérait cette attitude comme imposée encore p;ir des raisons de tactique bien compréhensibles. Malgré leur profonde antipathie contre toute réforme efTective, les partis bourgeois furent poussés par le not montant des idées socialistes, s'emparant de plus en plus de l'opinion publique, à s·occuper du sort attristant de l'ouvrier. Sous !"égide impériale on se prit d"une sollicitude touchante pour" l'homme pauvre"; c'était à qui s'en occuperait avec le plus d'empressement. Sans doute toutes les propositions venant de ce côté durent manquer leur but, parce qu'elles reposaient sur un principe faux, puisque l'on voulait faire le bien sans bourse délier et sans sacrifier aucune prérogative ; mais la masse ignorante. celle qui végète, courbée sous le joug de la lutte pour l'existence. suit Yolontiers ceux qui lui promettent des avantages matériels immédiats, surtout si ces promesses viennent d'en haut. S'il ne voulait pas, ne fut-ce que momentanément, perdre de sa popularité et de sa force, le parti socialiste devait aussi mettre en avant des propositions positiYes. li élabora des lois de protection ouvrière plus amples et plus completes et, en tant que cela était compatible avec son programme. fit à toutes les propositions officieuses des amendements, tendant à rendre plus effectifs les avantages que devait en tirer le prolétariat, à moins que leur rejet en bloc ne s'imposât en principe. Cette influence réformatrice de notre parti, nous la constatons aussi dans les parlements de chaque Etat (Landtage) et sur le terrain communal bien qu'ici, à cause du suffrage trop restreint, le nombre de nos représentants soit resté minime. Mais là où des socialistes ont été élu~, surtout dans les conseils municipaux, les effets de leur propagande se sont fait sentir. Il n'y a pas de commune i1~1portante où durant cet hiver les socialistes n'aient fait des propositions pour parer par des subsides de l'Etat ou de la commune à la plus grande misère. Pour donner une idée de ce genre de politique pratique, nous reproduisons

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