LA REVUE SOCIALISTE drait aYoir une plus grande somme de libertés politiques que n'en possède le peuple allemand. Rappelons que le droit d'association n'est garanti par aucune loi généra le; autant d'Etats fédérés (l'Allemagne en compte 26), autant de lois réglant l'association. Partout les relations de sociétés à sociétés sont soumises à des restrictions sans nombre, et mème en Prusse comme en Alsace-Lorraine absolument interdites. Cela augmente naturellement dans une grande proportion les difficultés d'une action commune. Le fait qu'en Prusse la direction du parti ne peut - légalement - communiquer avec aucune association. mais doit se résoudre à correspondre avec des citoyens particuliers, a donnè naissance au système des délégués plénipotentiaires, (Vertrauensmannersystem) qui consiste à confier, dans chaque circonscription, comptant un certain nombre d'adhérents, à une ou plusieurs personnes le soin de veiller aux intérêts du parti. Ces personnes, appelées communément ho111111cs de co11fin11ce sont élues annuellement dans des assemblées populaires, peu après le congrès du parti. S'occupant de l'exécution des arrèts de ce dernier, des convocations d'assemblées, de la distribution d'écrits sous forme de brochures et de feuilles volantes, ces délégués se trouvent en relation directe et continue avec la direction centrale du parti et sont ordinairement aussi correspondants du « Vorwarts. 1> Indépendamment de cette organisation, mais la complétant, existent dans beaucoup de circonscriptions des associations appelées sociétés électorales (Wahlvereine). Leur nom ne donne pas une notion exacte de leur destination, puisqu'elles ne s'occupent pas exclusivement d'élections. Elles forment les vrais foyers d'agitation du socialisme communal. et. comme telles, convoquent à intervalles déterminés des assemblées populaires, toujours nombreuses, où toutes les questions locales touchant les intérèts des travailleurs sont débattues et commentées démocratiquement. Elles prennent une part active aux élections des conseils municipaux et des conseils de prudhommes; la législation ouvrière de l'empire est naturellement aussi dans un rayon d'action. Mais ces sociétés ne font pas seulement de la politique; elles cherchent à procurer à leurs membres l'occasion de cultiver leur esprit. A cet effet, elles établissent des cours de langues, d'instruction civique, de tenue de livres, etc., et sont appuyées en cela par les sociétés d'éducation ouvrière (Arbeiterbildungsvereine). • li y a peu à dire de ces dernières; elles ne sont souvent qu'une autre dénomination des premières et ne s'en distinguent qu'en ce qu'elles s'occupent plus spécialement de théorie, ayant ainsi une grande analogie avec les écoles ouvrières (Arbeiterbildungsschulen) existant à Berlin et à Leipsig, où à côté des cours ordinaires, sont données des leçons de mathématiques, de logique, d'histoire et d'économie politique. Les résultats en sont très encourageants, quoique l'école de Berlin princi-
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