LE SOCIALISME EN ALLEMAGNE plus d'un sujet de surprise, éleva à la hauteur d'un principe ce « socialisme» impérial. Désormais, les plaintes justifiées des travailleurs seraient écoutées; une conférence internationale devait courir au plus pressé et écarter les premières ronces de la route; la protection des ouvriers deviendrait plus efficace; la journée de travail serait réglementée: les exploitations de l'Etat deviendraient des ateliers modèles de l'Empire, et pour confirmer ses promesses, le principal auteur des lois contre les socialistes, fut. par le bouillant souverain subitement rendu à la vie privée. Malheureusement, les espérances fondées sur ce nouvel état de choses ne devait pas se réalissr. Guillaume Il lui-même dût bientôt reconnaître qu'il avait trop compté sur son pouvoir et qu'il n'avait pas compris l'essence du socialisme. li n'avait pas assez pris en considération que ses projets de réforme demandaient des sacrifices aux classes possédantes. Demandez aujourd'hui aux ouvriers ce que sont devenues les belles promesses du souverain! Demandez-leur si leur position dans les exploitations de l'Etat s'est amélioré! Tout cela n'était qu'illusions. qu'un rayon d'espérance trompeur, bientôt effacé par les brouillards de la réalité. Le « nouveau cours » redevint donc bientôt << l'ancien cours, » c'est.à-dire que l'on en revint à la politique violente du régime bismarkien. li est vrai que les lois d'exception n'existent plus; mais le droit pénal est aux mains des gouvernants une arme qui permet de frapper tout aussi sévèrement qu'auparavant. Suivant une statistique publiée par la direction du parti, les tribunaux allemands ont depuis \"extinction des lois d'exception, soit depuis l'automne 1890 jusqu'au mois d'octobre 1893, prononcé 293 ans et 5 jours du prison et 70.272.20 marks, (87.840 fr. 25) d'amendes pour délits politiques; dans ces chiffres n'est pas comprise la prison préventive, qui souvent dure des mois. - Et la persécution au lieu de diminuer devient toujours plus systématique; Je gouffre qui sépare les déshérités des partis bourgeois se creuse toujours davantage ~t ces derniers s'obstinent à ne pas y voir les conséquences de leur propre politique. Ce sont les mêmes moyens, les mêmes tracasseries policières, avec lesquelles ils opéraient il y a vingt ans, c'est la même attitude haineuse et coupable en face de !a marche ascendante et irrésistible du mouvement révolutionnaire. lis ne veulent pas voir les indices de l'orage qui s'avance; tant pis pour eux si celui-ci les emporte! III, Jetons un coup d' œil sur l'organisation du parti. Elle est, disons-le de suite - bien loin d'être une organisation modèle; pour cela il fau-
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