LA REVlJE SOCIALISTE LE SOCIALISMEENALLEMAGNE Au premier abord l'Allemagne parait être un pays de stabilité. A part quelques pays arriérés comme l'Autriche. la Russie, etc., nous ne voyons nulle part le développement et la transformation des institutions sociales suivre une marche plus lente et plus pénible. Les systèmes et les personnes y changent rarement et la transition d'un état ~t un autre s'opère sans déterminer un grand ébranlement de la société. La masse du peuple ne parait généralement pas accessible aux grandes passions ; les idées même généreuses ne peuvent enflammer les esprits. Son histoire depuis le mouvement formidable du xv,c siècle, connu sous le nom de lei Réforme, que nous présente-t-elle de remarquable? Elle n'est qu'une longue époque de souffrances silencieuses, de lâche asservissement sans grandes passions, sans orages ; la stabilité du pays ne fut mise passagèrement en question qu'une seule fois : en 1848. Cependant, pas plus qu'ailleurs, l'évolution universelle de la vie sociale ne s'est démentie ; elle n'a fait que changer de forme. Ici aussi, l'ordre de choses établi a subi des modifications profondes et l'espri populaire, pour ne pas être capable d'un hardi coup de main et d'une attaque téméraire, n'en est pas moins accessible aux idées nouvelles et aux conceptions élevées. Le mouvement socialiste de notre pays n'est-il pas une preuve de l'activité intellectuelle de notre peuple ? Ce mouvement, qui, tenu sur les fonts baptismaux par Lassalle, se trouvait encore dans les Jang-es quand le prolétariat français, dans les combats meurtriers de la C•mmune, donnait déjà la mesure de sa force et de sa volonté, avanœ sans interruption, pénétrant toujours plus profondément dans les couches de la société, surmontant tous les obstacles comme doué d'une (
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