LE SALONDE 1894 phies de Carrière, les gravures de Raffaëlli, et les portraits de René Ménard. de Jacques Blanche. les mères et la nourrice de Roll, les chevaux de Besnard, le conseil de révision de Jeanniot, les paysages de • Boudin, Sisley, Lebourg, Thaulow, Barau, Binet, Conder, Blache, Maufra, Cottet, Ary Renan. Schlaich, etc., - outre tout cela, la peint ure décorative, celle qui doit parler à tout un peuple sur les murailles d'un monument, est ici présente par l'ensemble du plafond, des Youssures et des tympans, conçu par Puvis de Chavannes pour un escalier <le !'Hôtel-de-Ville de Paris. Paris peut être fier de son artiste. Celui qui a déjà, déployant les magnificences de ses conceptions, inscrit les caractéristiques des régions de la France aux murs d'Amiens, de Rouen, de- Lyon, de Poitie1t de Marseille, à la Sorbonne et à !'Hôtel de Ville de Paris, celui-là est monté encore dans la région sereine de nature et d'art où son esprit se meut à l'aise. C'est la signification de nature que j"aimerais faire apparaitre à tous ceux qui s'en iront contempler cette suite liée de figures -dressées dans la mème atmosphère lumineuse et colorée. C'est l'amour de ce qui existe, du réel de chaque jour de la vie, qui resplendit dans l'œuvre nouvelle. Ces visages calmes, animés, expressifs, ces gestes ingénus, rapides, significatifs de la volonté et de l'action, ces attitudes des corps souples, ces douces chairs de femmes, par lesquels le peintre a exprimé, autour de Victor Hugo, les vertus civiques, intellectuelles, intimes, de Paris, mais tout cela est né de la connaissance des êtres, du regard profond appuyé sur toutes les manifestations de la vie. Il me semble deviner, chez Puvis de Chavannes, trop considéré comme un traditionnel, un visionnaire du réel de chaque instant, un promeneur des rues, un familier de la foule. Oui, il se rattache aux manifestations ju passé qui ont survécu, mais par la même force de résumé, non par l'imitation des formules. Chez lui, la vie n,e s'en va pas à l'abstrait, comme certains semblent le croi~e, elle est au contraire présente, nettement accusée par l'essentiel. Seulement, il y a ici tendance d'esprit, manière d'être individuelle, goùt pour la représentation symbolique, pour les apparitions placées à une certaine distance, dégagées· des circonstances particulières. C'est ainsi que Puvis de Chavannes conçoit la décoration des édifices, faite pour être vue par une foule dans de vastes espaces. D'autres l'ont conçue autrement, mais tous se rejoignent précisément au rendez-vous que leur donne à tous la nature. Je reste aujourd'hui sur ces réflexions, réservant pour un second article la Sculpture et les Objets d'art. Dès à présent, le salon de 1894 est marqué par cette œuvPe de Puvis de Chavannes, et il restera ainsi consacré dans notre souvenir. ( A. suivre) Gustave GEFFROY.
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==