LE SALON DE 1894 577 SA.LON DE 1894 AU CIIAMP.-DE-MA.RS R: AUXCIIAMPS-ÉLYStES (Prernier article°' LA PEINTURE Si l'on entre au Palais.des Beaux-Arts du Champ-de-Mars et au Palais de l'industrie des Champs-Élysées avec la préocŒpation de découvrir quelles œuvres expriment un sens supérieur d'hu111a111tés, e haussent au role de parler à tous, de renseigner l'ètre sur lui-mème, sur sa compréhension et sa grandeur possibles, il est bien certain que \e tour d~s galeries sera bientè>t fait, que les arrèts ne seront pas fréquents. De toute évidence l'immense n;ajorité des artistes n'est pas exa 1tée par l'idée d'extraire de la réalité une essence significative, révélatrice de la durée, de la nature, de l'éclosion furtive et incessante de la vie. L'art profond, qui montre les liens entre les choses, qui prolong..: l'heure évanouie, qui donne une expression à un paysage, qui résume la grandeur et la mélancolie de l'homme par le mystère d'une physionomie, cet art-là ne pet:t se manifester avec abondance, tous les ans, à date fixe, sous prétexte de fète du vernissage. Les solennités parisiennes de ce genre doivent surtout abonder en satisfactions données à la mode passagère. Les apparences peintes et sculptées donnent un peu une sensation visuelle, vague et non persistante, équivalente à la sensation auditive du verbiage, dissipé en rumeur, de la foule en promenade. On épr-ouve si bien le sentiment du provisoire en parcourant ces salles! Il n'y a pas de raison pour que l'exhibition ne soit indéfiniment continuée, pour que toutes solutions de continuité ne soient supprimées. L'affluence d'œuvres, chaque année, est en croissance. Des forces, qui auraient peut-être mieux leur emploi ailleurs, s'entassent et se stérilisent sur les chemins difficiles de l'art. li y a là, qu'on n'ed doute pas, le désir manifeste d'échapper à la difficulté de la vie, à la besogne obscure et pénible, et c'est une des conséquences forcées de la période transitoire d'évolution que nous vin
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