I LA REVUE SOCIALISTE LETTREOUVERTE AM. BURDEAU Ministre des Finances Monsieur le ministre, Vous devez ètre étonné vous même du bruit que fait votre projet de budget. Et cependant, il est certain que c'est un pas, bien petit il est vrai: mais enfin un pas en avant, et ce mot "taxe d'habitation>> je me permettrai de le traduire en <,taxe sur le revenu». Car il n'y a pas à dire le contraire, c'est le commencement de l'impèt sur le revenu, dorit le loyer est la vraie et seule taxe. Et si votre projet est voté, cela montrera à tout Je monde, dans un an, combien l'impèt sur le revenu est chose facile à établir et sûre en même temps. Fersonne ne pourra dire qu'il y a là la moindre inquisition. Mais (car il y a un très gros mais) votre taxe d'habitation est parfaitement injuste, en ce sens qu'elle est presque proportionnelle puisque la seule progression consiste dans la diminution d'une pal'lie fi. .ce sur Je chiffre de chaque loyer, quelle que soit sa valeur.Il y a là une idée d'impèt progressif, mais une idée seulement et je vous dirai tout à l'heure comment j'entends la progression vraiment équitable. Puis, vous ne tenez pas compte sérieusement du nombre des enfants. Ainsi, pour vous à Paris, un loyer de 750 francs est le comble du luxe quel que soit le nombre des enfants. Moi, je croyais qu'il était presque impossible de se loger à Pai:_is,avec deux enfants seulement, pour ce prix là et que, pourtant, même au-dessus de ce taux, les citoyens sont encore fort intéressants et méritent un certain dégrèvement pour le nombre de citoyens qu'ils donnent à la patrie. Ensuite, vous assimilez un ménage avec deux enfants à un célibataire ; il y a pourtant une grande différence entre un garçon payant un loyer de 600 francs pour lui seul et un ménage de quatre personnes ayant ce même loyer. Enfin, un enfant de moins d'un an, ou de plus de 16 ne compte pas pour vous. Je croyais naïvement que de o à I an, un
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