La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

LA MONOGAMIE ET L'UNION LIBRE 559 APPENDICE. - En relisant cette étude de la Famille moderne, l'impression nous reste de n'y avoir pas fait une assez large place au côté affectif, dont nous sommes si loin pourtant de nous abstraire que toutes nos préoccupations tendent précisément à Je relever et à en faire le fondement de l'association familiale. On nous permettra donc d'ajouter ici quelques passages d'un éloquent plaidoyer paru récemment dans l'Eclair, sous la signature de M. L. de Gramont : « ... L'on commence ... , dit cet auteur, à considérer le mariage sous son véritable aspect. C:ette idée se répand que l'individu n'est pas fait pour la société, mais bien la société pour l'individu,:et que, dès lors, on doit supprimer tout ce qui g<!ne le libre essor, la libre expansion des individualités. Enfin, il sied de , tc"nir compte de la lente mais progressive délivrance de la femme; de son dégagement des vieilles servitudes et de son ascension intellectuelle qui fera que, de plus en plus, elle voudra vivre sur un pied d'égalité avec l'homme et que, par conséquent, elle consentira de moins en moins à aliéner sa liberté et à se donner un maitre. » L'institution du mariage, sous sa forme actuelle, est donc sur le point de disparaître ; à sa place s'organisera l'un ion 1ibre, à laquelle l'indépendance commune donnera la dignité, les époux y étant tenus, pour se conserver l'un l'autre et pour mériter le respect de leurs enfants, à un perpétuel comtat de dévouement et d'estime. 2c-;o janvier 1894. FERNAND PELLOUTIER. /

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==