LETTRE OUVERTE A M. BURDEAU enfant coùtait fort cher et qu'au-dessus de 16 ans, surtout dans la petite bourgeoisie travailleuse, un enfant est loin de rapporter quoi que ce soit jusqu'à 20 ou 21 ans. Je suis entièrement d'accord, pour une fois, avec le Journal (les Débats qui a dit que la taxe d'habitation cesse d'être vraie quand on ne tient pas un juste compte du nombre des enfants. Je retiens aussi cet aveu précieux du même journal : « Le loyer peut être considéré, en général, comm~ un indice assez sùr du revenu. » ... A une condition toutefois, c'est qu·on tienne compte de la proportionnalité nécessaire, ainsi que je le montrerai tout à l'heure. Mais je veux en finir avec les critiques en vous prenant à partie au sujet des domestiques. Que voilà une taxe qui sera facile à établir étant donné que la taxe doit êt;·e perçue pour tout domestique qui n'est pas employé e.cclusivement à l'exploitation industrielle, agricole ou commerciale. Et l'augmentation de la taxe d'habitation est la même à partir de deux domestiques, quel qu·en soit le nombre? C'est inimaginable que votre cerveau ait pu enfanter une telle hérésie! Qu'il était bien plus simple au lieu de chercher tant de complications toutes assez loin de la vraie justice, de montrer un peu plus de bonne volonté et sans trop froisser d'un coup les conservateurs d'entrer cependant franchement dans l'impôt progressif. Dans le numéro d'octobre 1892 de la Revue socialiste, j'avais donné une ébauche d'impôt sur le reven;:1; aujourd'hui que l'idée vient du gouvernement, je vais préciser un peu plus. j'avais pris, comme point de départ, le loyer, tel que vous le faites vous même, mais en établissant déjà une progression qui montrait ma pensée. Or, ainsi que je vous le disais plus haut. il faut tenir compte du rapport du loyer au revenu ; ainsi jusqu'à un revenu de 600 francs environ, on peut dire que le loyer est le 1/5 ou le 1/6 du revenu; jusqu'à 12,000 francs, il varie du· 1/6 au 1/8; puis du 1/8 au 1/10 jusqu'à 25,000 francs; puis du 1/10 au 1/15 jusqu'à 50,000 francs et à partir de là du 1/15 au 1/20 du revenu. Il y a iieu alors de multiplier les taux que j'avais arrêtés, par un coëfficient inversement proportionnel aux fractions ci-dessus énoncées ~t, en considérant toujours le loyer d'11J1eseule pers01111c, on peut dresser ainsi qu'il suit la progession de l'impôt sur le revenu. Un premier essai loyal et sérieux d'un tel impôt donnerait un certain chiffre et si l'on a besoin que ce chiffre soit doublé, par exemple, pour remplacer des impôts indirects ou autres, il suffira de multiplier par 2 ou 3, selon les prévisions, les chiffres établis ci-dessous. J'exempte d'impôt celui qui n'a qu'un loyer personnel de 150 fr. oo. de o,oo a 150,00 impôt o,oo o/o 151 200 ; ,oo o/o 201 300 8 301 400 13
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