LA REVUE SOCIALISTE des pénalités de l'adultère, les sociétés n'ayant pas le droit de tracer des limites à la passion sexuelle ; la suppression de toutes différences de traitement entre les enfants nés dans ou hors le mariage; le droit pour l'époux survivant d'hériter sans testament, par préciput et hors part: la soustraction de la femme a la tutelle de son mari; Je droit pour elle d'administrer ses biens propres et généralement, la jouissance dans la communauté de droits égaux à ceux de l'homme ( 1); l'établissement du divorce par consentement mutuel, qui existait en France avant le xue siècle, qui existe encore à Genève, en Belgique, en Roumanie, au Pérou et en Chine, et que les constitutions européennes n'ont rapporté que pour déférer à la tyrannie religieuse. Quant à nous, convaincu que l'œuvre de réformation sociale est un bloc d'où l'on ne peut détacher aucune partie sans compromettre la solidité du tout, c'est vers la société future que nous tournons nos espérances et d'elle seule que nôus attendons la transformation de la famille moderne. Cette société qui, par sa constitution même, ne pourra s'ingérer dans les relations mutuelles des individus, aura pour unique tàche de pourvoir à la subsistance et à l'instruction des enfants, dont l'éducation sera confiée aux femmes. li nous est impossible d'établir en cette étude déjà trop longue les incontestables avantages du matriarcat ( 2); nous rappellerons seulement que Je droit maternel a précédé chez presque tous les peuples l'établissement de la propriété privée et n'a disparu devant le patriarcat que pour faciliter la transmission des biens. Hfrodote nous apprend que les Lyciens prenaient le 110111 de leur mère au lieu de celui de leur père et que si l'on demandait à l'un d'eux l'origine de sa famille, il faisait la généalogie de sa mère et des aïeules ;de sa mère. li est vraisemblable que du jour où l'amour sera libre, où la propriété privée aura fait plaœ à la proprièté collective et où les femmes n'auront plus à lutter contre les difrîcultés économiques actuelles, leur instinct maternel s'élargira, comme s'est élargi l'instinct maternel des fourmis, lequel, dit Letourneau, « s'ap- " plique indifféremment à tous les rejetons, espoir de la République, ,, et, en se diluant ainsi, semble n'avoir rien perdu de son énergie. )) (1) Ces trois derniers articles et l'égalisation des salaires des deux sexes, adoptés sur ma ,proposition par le Congrès socialiste de Tours en septembre 1892, (c'est-à.dire à ]' époque où je croyais encore aux bienfaits du parlementarisme) m·ont valu les injures de ]' auteur de la Tyrannie socialis/.e, qui s·est évertué, cinquante pages durant. à traiter les congressistes de fourbes et d'hypocrites. Je signale c~ fait à titre purement documentaire, les prcpos de M. Y. Guyot ne méritant pas l'honneur qu'on lesrefute (F. P.) (2) E. de Girardin demanda Cf !'abolition pure et simple du mariage et le re'.our à la parenté par les femmes»,. (!'Egalité des enfants devant leur mère). Alfred Naquet a formulé dans Religion, Propriété, Famille, la même opinion. Saint-Just disait : ,, Ceux qui s'aiment sont époux ».
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