LA REVUF. SOCIALISTE cherchent à se dissimuler mutuellement leurs infidélités, dont la découverte engendre des scandales, parfois des crimes. Le concubinage étant, non pas la négation de l'union monogamique (car. nombre de ceux qui l'adoptent y observent une fidélité que pourraient leur envier les individus unis civilement ou religieusement), mais la répudiation de la Loi, c'est à dire une manifestation de l'esprit ré,·olutionnaire, ou bien la conséquence des i III pedimenla matériels et moraux qu'élèvent devant le mariage les difficultés économiques et les préjugés ( 1). a été, est encore fort maltraité par les apôtres de la Loi, soit qu'ils con,idèrent le mariage comme un sacrement, soit qu'ils l'envisagent comme un des piliers fondamentaux de l'ordre social. Néanmoins, par111ices derniers, il en est qui ont dù lui reconnaitre une certaine moralité. ,, Dans les pays. écrivait M. Odilon " Barrot, où le dogme religieux a établi de la manière la plus absolue <, l'indissolubilité du mariage, le mariage, par une réaction forcée de ,, la nature contre le despotisme de la Loi, est dever,u à peu près pure- « ment nominal, et les unions illégitimes s'y sont emparées de ce que ,, le mariage a de réel et de sérieux. Là. c'est le concubinage qui est 1, devenu le véritable mariage, c'est-à-dire l'union des :lffections et des ,, existences (2). » Cela s·explique. Tandis. en effd, que l'union civile, par son indissolubilité mème, est propre à encourager et à fortifier l'instinct despotique de l'homme, à développer dans son esprit cette conviction ancestrale que la fe111me, ne l'égalant ni en intelligence ni en vigueur. doit lui ètre soumise; que, d'autre part, la possession continue et certaine est de nature à affaiblir le combat de dévouement et d'amour nécessaire pour fixer le cœur humain, naturellement peu maniable, l'u0 nion libre, au contraire. oblige les associés à de continuels sacrifices. légers c;uand on aime, pour se conserver mutuellement une affection durable. Les parties n'étant pas liées, y font plus d'efforts pour se plaire, et !"on n'y voit point de ces couples, asservis aux lois du monde, exemplairement respectueux de l'indissoluble, qui, plutôt que de rompre un lien devenu pesant, préfèrent une séparation discrète où ( ,) Parmi les unions libres accomplies en haine de la loi, on cite celles des enfants de l'illustre géographe Elisée Reclus et des filles de l'anarchiste Dumas, de SaintEtienne. Quant aux unions libres motivées par les obstacles sociaux, il serait impossible de les enumercr. Nous en connaissons une dont la régulari~ation ne put s·accomplir, d"abord faute du consentement paternel et de !"argent nécessaire pour faire dresser et notifier !"acte respectucu.r (oh! ironie) exigé par la loi; plus tard, parce que les intéressés, habitant une petite ville de province où le mari occupait un poste en vue, hésitèrent à réveler le secret de leur situation ù la malignité publique. Ajoutons qu"à cette époque, les enfants nés de cette union et devenus hommes conseillerent les premiers à leurs parents de ne se point soumetre à la loi commune. (2) E11cycl., art. DIVORCE.
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