La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

LA MÉVENTE DU VIN 49 C'est l'action incohérente de l'Etat qui doit ètre rendue responsable de l'anarchie dans la production du vin. C'est ce défaut absolu d'organisation aus·si bien dans la production que dans la consommation des boissons qui doit apparaître comme la cause principale de la détresse où se trouve la viticulture dans la plupart des départements du midi. Les propriétairess que les pertes matérielles exaspèrent au point de vouloir recourir aux procédés insurrectionnels de la grève de lïmpôt ne partagent pas, bien en:endu, cette façon d'étudier les causes de leur malheur. La Chambre dt> commerce de Perpignan a répliqué au Ministre de l'agriculture en exposant lumineusement les souffrances et les déceptions de la viticulture roussillonnaise et en proposant des _palliatifs dont l'insuffisance _apparaîtra éYidente après le froid examen de la situation. Voici d'abord la réponse éloquente par sa simplicité et par la chaleur communicatiYe d'une émotion sincère que le président de la Chambre de commerce de Perpignan a faite à l'inexorable r::ippel aux lois dites naturelles de l'économie politique : " A Monsieur le Ministre de ragriculture. ii J\lonsieur le Ministre, " Dans la séance du 26 octobre dernier, j'ai communiqué à mes collègL•es la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire le 9 octobre 189 3 : cette lecture les a profondJment attrisks. » La Chambre de commerce d;: Perpignan persiste dans la résolution qu'elle avait prise et me charge de \'0us retracer à nou\'eau la situation de notre départem2nt. >' J'accomplis ce devoir. " Après une période de prospérité, les Roussillonnais ont perdu leurs vignes détruites par le phylloxéra: ce malheur n'a point abattu leur courage ; ils ont arraché de leurs terres des souches séculaires; ils se son{ livrés à de pénibles et coùteux travaux de défoncement ; ils ont, à gr::inds frais, replanté un vignoble nouveau. Les économies d'ab)rd, les emprunts ensuite, ont servi à réaliser cette œuvre coloss:i.le, accomplie en quelques années. Chacun a planté; une superficie d:! :-3; ,111 hectares c-oi;istituait, en 1892, les vignobles des PyrenéesOrientales. « Dès 1890, un ministre constatait officiellement ce qu'avait fait le Roussillon viticole : ,< Après avoir enfoui dans cette terre ravagée ,, vos épargnes et mème ce que vous avez em;Jrunté, alors que le 1110- » ment est venu où, de cette terre arrosée de votre sueur, va sortir la 4 •

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