La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

50 LA REVUE SOCIALISTE » moisson genereuse, nous avons le devoir, nous, membres du Gou- » vernement, d'ètre les collaborateurs de cette œuvre de relèvement». Ainsi s'exprimait M. Bourgeois, distribuant à Perpignan, au nom du GouYernement de la République, les récompenses aux lauréats de l' Exposition. . ,, Pourquoi ne l'aurait-on pas cru ? >' Ce n'était point par des paroles, mais aussi p:ir des actes que le Gouvernement avait excité nos agriculteurs à reconstituer le vignoble français ; il avait dégrevé de l'impôt foncier, pendaut une période de quatre ans, les terrains replantés en vignes ; il indiquait ainsi que sa protection ne ferait pas défaut au vigneron courageux. " Le vin se vendait à des prix rémunérateurs alors que la France produisait 60 à 70 millions d'hectolitres : les cours sont avilis lorsque la récolte est de 36 millions d'hectolitres, la différence entre le chiffre de la production et celui de la consommation n'est pas comblé par l'importation, car elle n'entre en ligne de compte que pour 5 à 6 millions d'hectolitres. Le mouillage et la fabrication des vins artificiels sont les causes indéniables de la mévente des vins, de la b:iisse des cours et de la crise viticole. l> Ce malaise se rfpercute sur le commerce et la misère envahit tout et tous, lentement, mais d'une marche sùre et progressive ; il faut l'enrayer. >' Le Gouvernement hongrois a trouvé un moyen ; il a interdit la fabrication et la mise en vente des vins artificiels. Le Gouvernement français peut prendre, en faveur de la viticulture nationale, la mesure votée par le Parlement d'une nation européenne; il a le devoir d'accorder à des départements malheureux et dont la situation critique est due à la reconstitution du vignoble, c'est-à-dire au travail exécuté sur le sol de la Mère-Patrie, la collaboration que lui promit publiquement un de ses ministres. C'est pour cela que la Chambre de commerce de Perpignan renouvelle le vœu qu'elle a émis1et demande que la loi votée en Hongrie soit proposée au Parlement francais. ,, Le tableau que nous traçons n'est point assombri ; un fonctionnaire s'exprimait ainsi : ,< Les difficultés que rencontrent MM. les » percepteurs dans le rec:)Uvrement des contributions directes et taxes »• assimilées sont trop connues de vous pour que j'insiste sur leurs >' causes qui sont toujours celles que j" ai l'honneur de vous signaler » annuellement : débours considérables pour la reconstitution des vi- » gnobles ; avilissement des prix des vins ; négligence et souvent » hélas! misère profonde (Rapport de M. le trésorier payeur général des Pyrénées-Orientales, 16 juin 1893). >' Le malaise est évident ; il a pour conséquences : 1 o la diminution de valeur de la propriété foncière, c'est-à-dire de la fortune publique ; 20 la suppr~ssion de journées de travail pour l'ouvrier agricole et 1~

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