LA MONOGAMIE ET L'uNION LIBRE 535 ---·------------------------------ LA MONOGAMIE ETL'UNIONLIBRE (1) On dénaturerait notre pensée si l'on imaginait qu'en celte étude nous réclamons pour les peuples occidentJux la liberté des mœurs orientales, qui ne s'accommoderait ni à leur car:ictere ni 11 leur tempérament. Nous demandons simplement pour l'union des sexes cette liberté que nous réclamions hier et qi;e nous réclamerons demain pour Ioules les manifestations de l'individualité. Nous voulons que ni l'homme ni la femme ne soient obligé~ de subordonner leur union aux considérations de fortune et de convenances sociales qui sont la règle souveraine des mariages d'aujourd'hui et que leur unique lien soit celui de l'estime et de l'affection; nous voulons que si, pour mille causes, physiologiques ou psychologiques, l':imour quitte leur foyer, ils puissent s'affranchir d'un lien devenu chaîne, sans avoir à passer sous les fourches caudines de b Loi et sans que la femme soit, comme elle l'est actuellement, réduite, condamnée à attendre d'un autre homme son existence. Liberté des sexes et indépendance économique de la femme : tels doivent être, à notre sens, les éléments régénérateurs de la Famille moderne. Si, dans ce débat où la controverse est ardente, même parmi les socialistes, et grâce à cette v:iillante Rerue socialisl~, qui accueille notre article sans professer peut-être notre opinion, nous avons la satistaction de conquérir quelques esprits, nous en serons d'aut:rnt plus heureux que l'antique esclavage, adouci dans la forme pour notre sexe, pèse encore de tout son poids sur. les compagnes de notre existence. ~ Se retranchant, pour mieux défendre le principe du mariage (2), derrière une vaine démographie qui ment à son titre, la plupart des sociologues nient que l'Europe soit polygame. Quelques-uns. il est (1) Tiré du Testament d'un révolutionnaire, ouvrage en préparation. ft) P.r le mot mm•iage, nous entendons l'union consacrée par la Loi ou par l'Eglis,
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