534 LA REVUE SOCIALISTE des peuples civilisés. » La fréquence des rapports finira par déterminer une sorte de cœnesthésie sociale en produisant la sympathie des consciences et la correspondance des pensées. Le caractère international des revendications économiques et sociales, la nécessité de plus en plus comprise d'une législation internationale du travail, le progrès intellectuel du prolétariat de l'ancien et d,1 nouveau-monde permettent aussi de conclure dans le même sens, puisque la masse des prolétaires est le nombre et que sa volonté sera souveraine, quand elle voudra mettre un terme aux rivalité~ haineuses, aux compétitions meurtrières. Enfin la décroissance de la concurrence sanglante, c'est-à-dire la décadence du règne de.la force brutale, se manifeste à un signe certain. La Yocation des armes perd de son prestige. ,< La gloire des guerriers n'éclipse plus celle des inventeurs, des savants, des artistes» (2). Le soldat ne provoque plus aujourd'hui l'admiration générale. Quelques écrivains s'acharnent même à dépoétiser la vieille idole et leur protestation contre l'adoration béate et stupide du militarisme trouve partout des échos. Les motifs patriotiques qu'on met en ayant pour lui rendre son ancienne popularité sonnent faux, dit M. Molinari (2), aux oreilles de bien des corvéables du service obligatoire et la crainte du gendarme seule en amène et en retient beaucoup sous les drapeaux. Si les peuples ne sont plus d'humeur batailleuse, c'est que la fin du règne de la guerre arrive. En résumé, la guerre a été nécessaire; elle a eu·son utilité; mais elle a tendu à disparaitre et ne sera plus un jour qu'un fait dans l'histoire du passé. On peut dès maintenant conclure de ces constatations et de ces inductions qu'elle n'a pas comme facteur de l'évolution l'importance prépondérante qu'on lui a parfois accordée et que la destinée des peuples en particulier est soumise a d'autres conditions entre lesquelles. il y a lieu de rechercher celle qui a été et qui continue d'être le "Cteu1essentiel du progrès. ( 1) Molinari, Evol. pol. et révol., p. 189. (2) Ibid. UN PROFESSEUR.
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==