.. LA REVUE SOCIALISTE tés supàieures a celles des membres des associations rivales ou concurrentes. La victoire pouvait alors consacrer la suprt:matie du mérite, incarné. si l'on veut, dans la force, l'agilité, le courage, la ruse, en un mot la pratique intelligente des choses de la guerre. Ne tenons pas compte des privilèges moraux qui pouvaient seconder dans un groupe donné, la victoire due à un développement supérieur de l'instinct de combativité. Le progrès de la civilisation pouvait bien être alors efficacement favorisé ,, par cette sorte d'examen et de concours que constituent des guerres conti1}uelles ,, ( 1). Remarquons d'ailleurs tout d'abord qu'il n'a pas été possible d'é,·iter l;i lutte. Il a fallu et il faut encore livrer bataÙle aux éléments cosmiques, aux forces de la nature, soit pour les mettre dans lïmpuissance de nous nuire, soit pour les faire servir à notre usage et à nos desseins. A l'origine, en effet, comme le fait observer M. Bourdeau. (2) les forces humaines sont les seules dont notre espi:ce dispose. C'est par une lutte de tous les instants que l"homme a pu utiliser les moteurs artificids, vents, cours d"eau, etc., et s'en faire des auxiliaires. créer pour son usage aussi des puissances artificielles ou plutôt artificiellement mises en œu,-re, s'emparer du monde végétal, soumettre et discipliner le monde animal pour exploiter l'un et l'autre à son profit. Les phases du progrès sont bien en grande partie celles de cette guerre incessante, caractérisée, malgré ses désastres, par la domination grandissante de l'intelligence au service de la force sur la matière aveugle et l'animalité à demi-consciente. L'histoire du progrès est non moins étroitement liée à l'histoire de lïndustrie qu'à celle de l'agriculture et de la lutte contre les espèces. La conquête de l'empire des forces inorganiques et de la flore uni- • Yerselle consacre à chacune de ses périodes le règne croissant de la civilisation. Les conflits de ce genre sont des luttes essentiellement pacifiques et utiles. Il y a des Yaincus dans le camp de l'espèce humaine, malheureusement en trop grand nombre; mais nous n'en sommes plus à compter nos victoires et nul ne peut dire jusqu'où s'élargira !"horizon de notre intelligence. Faisons remarquer en passant que cette lutte avait l'avantage de nous convaincre de l'importance de la coopération des efforts individuels en vue du triomphe. l.:e progrès était bien de C.! fait le résultat d'une concurrence d'ailleurs nécessaire et inéluctable. La guerre contre le monde animal était inévitable aussi. et la conquête n'en a pas été moins avantageuse. Elle était inévitable, car« le monde primitif était peuplé d'espèces carnivores pourvues d'un arme11) Bagehot, Lois scientifiques du développement des nations, p. 91 (2) Les forces de 1 'industrie
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