NOTRE PROGRAMME - Il considère l'exploitation à frais et bénéfices communs de tous les instruments de travail (sol. sous-sol, usines, etc.) et la réduction au minimum de la propriété privée comme le moyen de supprimer l'antagonisme des classes et le régime du salariat; de briser la tyrannie de l'argent qui met le pauvre à la merci du richy; de solidariser étroitement tous les membres d'une nation, en faistnt d'eux tous des actionnaires et des coÔpérateurs de la grande association nationale. - Les hommes étant inégcwx en force, en taille, en intelligence, mais ëquivalenls à titre de personnes, notre socialisme vise à .::oncilier l'inégalité cle fait av<'c l'égalité de droits. Il demande que la société assure à tous ses membres, autant que cela dépend d'elle, des chances égales de se développer intégralement et permette ainsi à chacun d'occuper une place proportion.née à sa valeur réelle. Egalité des conditions, clioersité et inégalité des /'onctions : Ces deux choses lui paraissent devoir exister côte à côte. Éssentiellement démocratique, puisqu'il veut que le point de départ et les moyens de s'instruire soient les mêmes pour tous les enfants, il fait aussi sa juste part à la seule a?'istocratie respectable, à l'aristocratie de mérite, puisqu'il veut que la moralité, le travail, l'intelligence, soient ies seuls titres valables dans le partage des différentes fonctions sociales. Il sait, en effet, que sur un navire tout le monde ne peut pas être capitaine ou pilote, que dans une usine, tout le monde ne saurait ètre chef d'atelier ou ingénieur. Il n'oublie pas que les aptitudes nécessaires pour être savant, artiste, inventeur sont inégalement distribuées entre les hommes et il estime qu'une société bien organisée, tout en s'efforçant de réduire cette inégalité naturelle, doit en tenir compte pour mettre chacun au poste qui lui convient. 11 donne ainsi satisfaction au principe démocratique qui n'admet point de privilèges héréditaires, de distinction fondée sur des écus ou des aïeux; mais il échappe au reproche que ses ennemis font si souvent au socialisme, de vouloir établir la médiocrité universelle en étouffant le génie et en rabaissant quiconque dépasse le niveau moyen. Il laisse, au contraire, libre carrière pour se former à une aristocratie personnelle; aristocratie légitime, parce qu'elle repose sur la nature même; aristocratie innocente, parce qu'elle passe et meurt avec celui qui la possède; aristocratie utile, parce qu'elle se dépense au profit d'autrui, si sa supériorité est morale; parce qu'elle travaille incessamment à grossir le patrimoine de l'humanité et à se détruire elle-mème en élevant jusqu'à elle la masse environnante, si sa supériorité consiste en talent et en savoir. ( 1) ( 1) ~oir le développement de ces idées dans !'Almanach de la question sociale. pour 1893. -·Deu.'C ll(Ols de théon'e, par Georges Renard, p. 43. •
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