LA REVUE SOCIALISTE JI se conforme aussi par là, à cette double loi du progrès: lulte et coalilion 1io111la· rie. D'une part, en effet. il maintient entre les membres de la société une émulation féconde, et d'autre part, en les associant ~1 une œuvre commune, il fait concorder l'intérêt général et l'intérêt particulier. - Notre socialisme est encore synthétique, en ce qu'il est à la fois nalio11a/ et Îll/1'/'IWI io1wl, ainsi que l'esprit français lui-même. Il n'oppose point. comme deux ennemies, la patrie et l'humanité; il entend servir l'une et l'autre; il veut que la France, résolue à ne point s'abandonner et à faire repentir qui l'attaquerait, reprenne la tradition qui fit d'elle, aux temps héroïques de la Révolution. l'apôtre des droits de l'homme et de la fraternité des peuples. - Il est synthifliqlle toujours, parce qu'il garde le caractère srienti/ÎIJIII', se fonde sur l'étude de l'histoire et des conditions économiques de la société, prend pour base solide les données de la· réalité passec et présente, mais qu'en 111ê111temps il fait appel à l'ùl!:,, et au senlillll'lll. à l'idée pour proposer à la foule un idéal de justice et de bonheur qui la guide et la tire en avant, au sentiment pour lancer contre la misere tous ceux en qui ne sont pas mortes la pitié et la générosité ( 1). li sait que la question sociale n'est pas seulement une question morale; mais il sait aussi qu'on ne peut transformer profondément les mœurs et les lois sans transformer d'abord les esprits et les cœurs, en attendant qu'ils soient à leur tour modifiés par la société nouvelle. Il sait que la science est indispensable pour mener à bien la refonte du régi111eactuel; mais il n'a garde de dédaigner l'énergie que peuvent donner à ceux qui luttent la conception et le désinfun avenir 111eilleur; il sait que l'idée du mieux devient vite un espoir, un besoin, une passion et par là 111ême une force, un formidable agent de progrès, de même que la Iumièi:e se change incessamment autour de nous en chaleur et en mouvement. Notre socialisme est enfin réformiste. Non pas que nous pensions qu'on doive ou qu'on puisse se borner à boucher par quelques replâtrages les lézardes du vieil édifice social. Nous croyons, an contraire, qu'une transformation fondamentale est nécessaire. Quand nous nous proclamons réformistes, c· est aux moyens, non au but, que nous songeons. Est-il besoin de dire que nous répudions les attentats individuels (2) Voir Benoit Malon, Precis de socialisme, p. 1.p, 147, et Georges Renard Etudes sur la France Cflntemporaine, p. 216-224.
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