La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

REVUE DES LIVRES 5 1 1 mates éprouvés, dit-il de son livre, mais il pourra h:ur procurer dans ce livre des auxiliaires éclairés ». « En fait d_e politique extérieure, ajoute-t-il, les demisavants sont parfois plus dangereux que les ignorants». Ces ignorants d'une part, ces demi-savants de l'autre, qui sont-ils? On a bien peur que ces demisavants plus dangereux en effet que les ignorants ne soient parfois, quelquesuns au moins de c~s « diplomates éprouvés». On en voit des exemples dans le premier volume à,propos de Louis XIV et de Guilllaume Ill, de l'Allemagne, de l'Autriche et de la Prusse au XVIII' siècle; on en verra d'autres clans le second. L'auteur dit, à la fin de sa préface « Ce manuel est à sa manière et en un sens (qu'il détermine), un manuel d'éducation civique. Il repfend à son compte la formule de M. Lavisse « La charge principale de l'éducation civique revient au professeur d'histoire ». On ne chicanera ni l'auteur ni M. Lavisse sur cette attribution de charges. Au fond chacun remplit la fonction qu'il est capable de remplir. Les nécessités impérieuses de l'enseignement de l'histoire se prêtent mal à l'apostolat civique. Et s'il est juste d'adresser un éloge à M. E. Bourgeois, c'est de n'avoir fait sentir cet apostolat que dans sa préface et dans le choix de quelques-uns de ses titres, fort peu dans le corps de son ouvrage. Un manuel de politique étrangère doit pouvoir être consulté sans dégoût même par des étrangers. Ce manuel est destiné aux étudiants. Mais par-dessus la tète des étudiants, il s'adresse au grand public et particulièrement aux publicistes. li leur sera d'un précieux secours. p AUL BUQUET. Au prolétariat français. - Déclaratwn de principes par J. T. MAILLARD.-Paris 1894. En vente chez l'auteur, 5, rue de Maistre et aux bureaux de la Revue, 1 o, rue Chabanais. Prix 40 centimes. On a tant abusé du fameux mot de Montaigne e1) tête de ses Essais : « C'est ici un livre de bonne foi, lecteur » qu'à peine ose-t-011 le citer encore; pourtant c'est bie-n là l'épigraphe qu'il conviendrait d'épingler à la récente brochure du citoyen Maillard. L'auteur, nous le connaissons tous ici, à la Revue, pour avoir, aux samedis, discuté avec lui ses théories proudhoniennes; nous savons que, depuis bientôt deux ans, il travaille à sa modeste œuvre, s'efforçant d'y mettre toute sa pensée et tout son cœur, raturant sans cesse et recommençant, infatigable, avec cette patiente tenacité de l'homme convaincu qui marche vers un but. Un coup d'œil sur sa brochure et, au ton de violente sincérité, à la chaleur de conviction qui y règnent, tout de suite on se sent devant un honnête homme très simple, qui parle franc et net comme il pense, qui se trompe peut-être, mais ne trompe pas les autres sur lui-même. Çà et là, des phrases véritablement éloquentes clans leur concise simplicité. Pourtant M. Maillard n'est pas un écrivain professionnel et très modestes sont ses prétentions. Au milieu des tristesses de son existence de travailleur il a vu, tu et pensé. li voudrait que son expérience servit aux autres et il la for-

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==