510 LA REVUE SOCIALISTE ce qu'on pense soi mème sur les principales questions posées, d'indiquer du moins les grandes directions de sa pensée. Les l,·,·tur,•sdc1pbilosophit: scicutijiq11,: c1·E. Blum ont ce double mérite d'ètre à la fois très éclectiques, comme il convient clans un recueil de ce genre, et très manifestement coordonnéess et dirigées vers un mème but comme c'est !aloi de tout livre d'enseignement. Ce but est nettement marqué dans la pr.Eface de l'autel\r. • Les étudiants auront profit à trouver toujou1s sous leurs mains réunis avec un ordre logique et d'après une même idée directrice les pages les plus substantielles des grands savants-philosophes. Mais il ne seront pas les seuls. Les journalistes socialistes retrouveront avec plaisir dans le recueil les extraits les plus saillants et les citations les plus caractéristiques des œuvres avec lesquelles leur goùt et les nécessités de leur travail les ont rendus depuis longtemps p11dders. Manuel Historique de Politique étrangère, par E. BouRGE01s,tome I, les Origines. E. Belin, 18~,4. Ce livre, très complet, et dont le second volume paraîtra prochainement, comble une lacune. Autrefois, comme le remarque finement l'auteur dans sa préface « Lors'iue les peuples remettaient leurs destmées entre les mains des familles souveraines, les enfants de ces familles étaient conduits dans les archives de l'Etat pour y être préparés par l'itucle du droit p~lic et la connaissance des intérêts traditionnels de l'Etat, à la tâche qui les attendait; partout aujourd'hui ot1 la Nation a repris sa souveraineté, c'est à elle qu'il appartient de donner à tous ses enfants ces leçons )) Cs: manuel historique, comme le dit encore l'auteur« n'est pas un manuel de diplomatie; c'est une œuvre d'enseignement et d'histoire)). Il n'en vaut que mieux. Nous 11esavons ce que peut ètre un manuel du parfait diplomate, mais on peut entrevoir ce que doit être un bon livre, non pas seulement de renseignement (les didionnaires complets sont là pour cet office) mais d'enseignement historique. Le volume va de Richelieu à 1789. La politique étrangère (ontempo1aine suivra. 11 est question ici de choses relativement anciennes. Le détail des faits pourrait peut-être y passer pour pure matière d'érudition, mais, comme le dit justement l'auteur, « les questions qui semblent seulement se poser aujourd'hui ont pour la plupart reçu déjà autrefois des solutions bonnes -0u mauvaises, qu'il importe à la France de connaitre)>. C'est en se reportant .aux préoccupations contemporaines qu'on lira avec un redoublement d'intérêt les chapitres utiles, « la Russie moderne et l'Europe Orientale », <, l' Allemagne au XVIII• siècle », « la Question d'Orient au XVIII• siècle )) et les chapitres dont le titre est peut-être trop souligné« les Défaillances de la France», « la France de Richelieu et la France de 1789 ». L'ouvrage de M. E. Bourgeois est un manuel historique et il justifie fort bien son titre. Peut-être même les nomenclatures qui concernent les lettres ou la philosophie, si rares qu'elles soient, font-elles trop songer aux manuels d'histoires oü ces renseignements sont obligatoires. C'est en même temps un manuel de politique étrangère. Et ce titre est loin d'être usurpé, comme l'auteur parait en repousser d'avance le reproche : <1 11 n'apprendra rien aux diplo-
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