LA REVUE SOCIALISTE mule en quelques pages. Dans sa petite brochure, sans plan très méthodique, il examine tour à tour, un peu au hasard de la rencontre, les différents aspects de la question sociale. Tout pénétré de l'esprit de Proudhon, il se laisse aller à la verve de critique qui l'emporte etcela a toute la saveur d'une bonne causerie: on croit entendre les enthousiasmes d'une grosse voix qui s'enflan:ime et qui dans l'ardeur de l'improvisation s'interrompt parfois, s'embarras~e à chercher des mots rebelles. (! C'est uniquement de l'ignorance, affirme le citoyen Maillard, que vient tout le mal social.» Et son raisonnement est très simple: du peuple vient la richesse comme de lui dépend le pouvoir, cependant le peuple est soumis aux capitalistes comme aux politiciens. Pourquoi? C'est qu'il n'a point conscience de sa force, c'est qu'il ignore ses droits - Le remède: « li faut que partout sur le territoire national, et le plus promptement possible, les citoyens se forment en groupes pour fonder des cercles d'études et de lectures, chaque groupe devra se constituer en vue d'organiser dans sa localité, des réunions conférences qui devront être régulières autant que faire se pourra ..... » « L'école néglige beaucoup trop le côté moral de l'éducation des jeunes citoyens .... » « Dans les nouveaux groupes, les conférenciers enseigneront l'histoire univaselle et l'histoire nationale, les législations comparées, lessciences appliquées à l'industrie, à l'agriculture, l'hygiène, l'éducation morale et civique etc. li y sera traité également de la science politique et économique, Jes droits et des devoirs des citoyens les uns envers les autres etc, etc .... » Ainsi préparée dans le domaine des id~es, la Révolution sociale se fera d'elle-même, sans eflorts, pacifiquement. Tout d'abord, et si l'on voulai_t s'attacher aux détails, on pourrait reprocher à l'auteur de ne nous donner qu'une idée bien imparfaite des conférences dont il nous parle. Mais en supposant l'existence et le fonctionnement d'une semblable institution, M. Maillard croit-il que cela uniquement suffirait? Les salaires en seraient-ils plus élevés, les chômages moins fréquents? Je sais: les intelligences seraient plus développées, supérieur l'état des esprits. Mais, l'état des choses lui aussi ne vaut-il pas qu'on s'en occupe? Un disciple de Marx eût étudié le seul aspect matériel, économique du problème. Le citoyen Maillard tout imprégné de la philosophie de Proud'hon a surtout été préoccup~ de la question morale. L'essentiel il l'a fait: il nous a donné quelques pages généreuses et vibrantes; tous ceux qui aiment la sincérité lui en seront reconnaissants. PAUL LAGARDE. l'ad111inistrate11r-Géra11t: RODOLPHE SIMON. Imprimerie PoL MAYEUX, route Stratégique, Suresnes.
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