La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

REVUE DES LIVRES REVUEDESLIVRES Lectures de philosophie scientifique par, E. BwM, E. Belin. 1894. L'Enseignement secondaire moderne, tel qu'il a été institué, comprend un cours de philosophie scientifique. Au fond, c'est la logique du cours traditionnel de philosophie, car on ne comprend guère une théorie de la déduction sans exemples nombreux et détaillés, une théorie de l'induction sans de fréquents recours aux illustrations tirées des maîtres de la science. Il n·y a donc qu'une apparente nouveauté dans le programme.Le nouveau--et nous avons insisté sur cette résolution dans nos notes sur! 'enseignement moderne parues ici mémec'est que l'enseignement philosophique est indistinctement donné aux deux seclions dt l'enseignement secondaire, et beaucoup plus largement distribué (sur le programme du moins) à la section moderne qu'l1 la section classiquelettres .li y a là un curieux cas de renversement. Le fait que la métaphysique et l'histoire de la philosophie ne sont pas inscrits au programme de première moderne ne doit pas faire i1lusion. La logique scientifique vous met au seuil des systèmes éternels. Et qu'est-ce que la métaphysique elle-même peut faire de plus? Le programme spécifie nettement: Exemples et critique des gra11des hypothèses. Le programme dit encore en résumé: Le professeur s'attachera li l'histoire des méthodes, des découvertes scientifiques en recourant aux réflexions élémentaires que les maîtres de la science nous ont laissés sur leur travaux et sur ceux de leurs prédécesseurs. C'est précisément la meilleure partie, sinon la seule, et ce qu'on est convenu de tout temps d'appeler histoire de la philosophie. Vraiment c'est un cours complet de philos0phie, sur un plan plus simple et plus complet à la fois. Voilà ce que les nouveaux programmes instituent. Les grands ouvrages de philosophie scientifique et d'histoire philosophique de science ~ont nombreux. Mais il s'agit ici d'un enseignement à donner dans les plus recul~s lycées et dans les moindres collèges. Ceux qui en ont fait l'expérience savent de quelle extraordinaire pénurie sont affligées les bibliothèques de collège. Les livres superflus ne font pas défaut, tout le déchet, pour ne pas dire le détritus des critiques littéraires de second ordre et des poètes subalternes, s'y trouve à foison. L'essentit:1 manque le plus souvent. C'est donc un véritable service que rendent à la basse-université les esprits à la fois élevés et condescendants (ce sont les meilleurs) qui mettent à la portée de tous les pensées les plus remarquables des maitres de la philosophie scientifique. Les lectures extraites des auteurs sont le plus sùr moyen de toucher le but. Dans ce cas, en effet, il n'y a pas de trahison possible. Une compilation de cette sorte est d'ailleursune-œuvre originale. Le choix qu'on fait de; morceaux, leur enchainement progressif décèle toute une méthode personnelle et révele facilement au lecteur attentif une philosophie propre au metteur en ordre. Au fond, c'est une façon à la fois Ires énergique et très modeste de dire

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