LA QUESTION SOCIALE DEYANT LES CORPS ÉLUS 493 le bon sens ni devant l'évidence vous n'aurez le droit de dire que ce ~ays est souverain. ( A ppl, udissements à l'extrêrne gaitche.) Si la question vous paraît secondaire, si vous niez la souveraineté du peuple, regardez donc ce qui se passe à chaque instant et voyez combien les exemples que je vous ai cités et ceux que je pourrais vous citer encore mettent en lumière la constatation de ce que je dis. Qltand vous appliquez, vous qui invoquez la souveraineté du suffrage universel_, quand vous appliquez à ces conflits économiquès et sociaux qui remuent si profondément le monde moderne, les lois restrictives que la Chambre avait refusées et que le Sénat a rét1tblies; quand vous appliquez, par exemple, à une population de 40.000 grévistes ces restrictions si dures au nom desquelles vous arrivez à des répressions si impitoyables, qui donc n'a pas le droit de se rappeler que la loi que vous appliquez par la force publique avait été abolie par toute la nation et a été rétablie par une Chambre républicaine? Qltand vous appliquez une de ces impositions gothiques, sauvages, dont la Chambre avait voté une réforme totale ou partielle, qui a échoué au Sénat, qui donc n'a pas le droit de se rappeler qu'au mépris du principe primordial qui veut que l'impôt soit voté tous les ans par les représentauts des contribuables, la contribution dont vous aviez voté la suppression, qui avait été abolie par les représentants de tous les citoyens, a été rétablie par les représentants d'un petit nombre? Malgré ces bonnes raisons, la revision a été repoussée. Vraiment on se demande si le vieil esprit républicain n'est pas mort pour toujours et s'il ne faut pas perdre l'espoir du progrès pacifique, A. DELON . •
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