I REVUE DES REVUES prospérité agricole y sontprodigieux,donc-etadmirez icila toute-puissance de la logique - le développement du socialisme au milieu des peuples européens contraire à la nature même des choses, au caractère des faits économiques, doit correspondre à une sorte d'état pathologique des esprits.» Les socialistes sont dês fous, c'est entendu, mais M. deFlaix me permettra de lui faire observer qu'il est peut-être bien près de devenir socialiste, car son raisonnement offre des sympt6mes inquiétants. L'immense prospérité des Etats-Unis est le fruit d'un état individualiste et ,< elle inspire, dit-il aux théoriciens socialistes, une sorte de répulsion profonde, et même un certain effroi. » Pourquoi cette répulsion, pourquoi cet effroi? Les socialistes ont-ils donc jamais nié les résultats du régime capitaliste ? Ils se sont bornés à dire que cette phase économique était par ses résultats, par l'accumulation des capitaux la grande industrie, la grande culture, les grands magasins, la préparation au collectivisme. Ce dernier ne différera de l'état actuel que par le parasitisme en moins et lajustice en plus. D'ailleurs qu'est-ce, au fond, que cette énorme richesse des Etats -Unis dont M. de Flaix est ébloui : - Le fruit de la misère de tout un monde de travailleurs qui commencent à gronder, à prendre conscience de leurs droits et de leurs fo·rces et viennent en masse au socialisme. Que M. de Flaix veuille bien jeter les yeux sur le numéro de mars du Devoir la revue publiée par le Familistère de Guise, il y trouvera la constatation de la force du parti ouvrier américain.<<Le parti d upeuple compte 2:- membres dans le congrès des Etats-Unis » ( 1) Que s'il veut se rendre compte de la puissance là-bas des associations ouvrières, il feuillette le numéro d'octobre 1893 du même recueil. (2) Enfin, justement, la Revue des Revues, reproduit ce mois-ci (n• du I cr avril) un remarquable article ( 3) de M. E. Bellamy, le 11a tionaliste américain. « Ce qui régne chez nous, y lit-on, c'est une sorte de gouvernement économique ou, plutôt de plusieurs gouvernements économiques, ayant à leur tête quelques grands capitalistes qui monopolisent entre leurs mains et la direction et les produits du travail national. .... 3 1 ,ooo personnes possèdent la moitié de notre richesse nationale de laquelle dépend de nouveau le sort de nos 65 millions d'habitants ..... Le système économique américain, de même que le système politique en Europe, ne se soutient que grâce à la baïonnette. Saluons maintenant M. Fournier de Flaix et parlons d'autres choses. Dans la Science sociale, un intéressant article de M. Léon Poiresard sur la « crise monétaire. » ( 1) Le J)e,:oil', mars 1894. Les socialistes au Parlement, p. 142 et 143. (2) Le Dei-oil', octobre 1893. Les associations ouvrières en Amérique,. par A. Fabre. (5) Paru da_ns le Forum (n' de mars).
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