LA REVUE SOCIALISTE M. de Molinari, dans le Journal des Economistes,pleure, au nom du libre-échange, en parlant des nouveaux droits sur les blés,A sa manière, il raconte les débats touchant cette question, à la Chambre, et. cette manière ne manque pas d'un certain piquant : « Une spirituelle observation de M, Léon Say, sur la consanguinité manifeste du protectionnisme et du socialisme a déchainé un petit orage. M. Jules Guesde et M. Méline ont protesté, tout en s'unissant fraternellement pour accuser le libre-échange de conduire à l'anarchie. M. Léon Say n'a pas eu de peine à justifier le libre-échange et l'économie politique de cette accusation terrifü1nte.•> En somme cet article n'est que le grand air de bravoure du libre-échange déjà tant de fois chanté ; à noter cependant le « casse cou >' crié aux bourgeois, aux propriétaires fonciers que l'auteur rend responsables du vote de la loi, cette réflexion mélancolique qui précède la signatL1re : ,<Qui sait si après avoir été les adversaires des propriétaires fonciers, promoteurs et bénéficiaires de ce régime (protectionniste), nous ne serons pas obligés de les défe:1dre contre ies ap6tres de la nationalisation du sol? •> - Dans la même revue deux articles concernant l'Italie : l'un de M. Combes de Lestrade sur la cnse eco110111igue etfinancière e,, !ta lie. Dans !'Economiste français(n° du 31 mars), M. Paul LeroyBé!aulieudisserte sur l' orga11isatic11des colonies. Selon lui« une des réformes qui sïmposcnt le plus pour faciliter l'essor de notre colonisation, c'est b suppression de toute la représentation coloniale ... les députés sont ,.:éplacés dans notre Parlement. Ils exercent par leur pression indiscrète et incessante, une action funeste sur l'administration coloniale.» Pour M. Leroy-Beaulieu, l'ile de la Réunion, appartient -à la France, au méme titre qu'un champ à son propriétaire. ,c'est une plantation à exploiter et d'où nous devons tirer le plus de sucre, de café et de vanille possible. (luant au sort des 200,000 habitants qui vivent là, que nous importe si le commerce avec la métropole augmente? Ces gens d'ailleurs sont affreusement indiscrets, quand on leur permet d'élever la voix chez nous et de vouloir eux-mêmes défendre leurs propres droits. Mais, à leur place, le serions-nous moins? Aussi, M. Leroy-Beaulieu, soyez indulgents .pour ces,< quelquss centaines de métis>', ces,< gens d'une :mire r:1.ce ,, dont vous parlez du bout des lèvres. Pour ètremoins blancs que vous, se vétir d'un simple pagne et \'ivre sous le tropique, sont-ils moins intéressants que les riverains de la Seine? Ils sont moins civilisés dites-\'ous. Est-ce là une bien grande infériorité? Vous n'oubliez pas que c'est la civilisation qui a mis dans la poitrine des économistes une poignt'.e èe chiffres à la place du cœur. Voici de M. Fournier de Flaix un article sur le 111011vc111e1c1ot110111iq1!c cf scci,1! aux F.tals-U11is. D~ ces quatre colonnes hérissées de chiffres: r~tenons b ptns..:e dommante,celle qui semble ne point quitter l'auteur. l.' Amfriqu~ est un pays de Cocagne: le développement industriel, la
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