La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

REVUE DES REVUES R.EVUEDES REVUES Dans le numéro de mars de la Revue philosophique, M. Fr. Paulhan publie une très précise et claire analyse de« La vie et la pE'nsée », le dernier ouvrage de notre distingt1é collaborateur, le Dr Pioger. Dans le même recueil, et du même auteur, M. Paulhan une étude sur la sa11ctio1/l1i.Orale considérée en dehors de toute préoccupation d'antique métaphysique. Je regrette bien vivement que le caractère un peu spécial de ces pages m'oblige à les signaler seulem.ent et à n'en point parler comme j'aimerais à le faire. Les idées et le talent de M. Paulhan sont d'ailleurs familiers aux lecteurs de la Rev11c Sacialiste : ils ont encore à l'esprit l'article qu'il a publié ici même (1) à propos du livre de M. Ziegler: la question sociale est 1111qe11estio1111ora/c. Ainsi, la philosophie devient socialiste et à cela rien d'étonnant, puisquE' c'est en elle-même que le socialisme a ses racines. Qu'importe donc si quelque école attardée, stationnaire et par conséquent réactionnaire, s'obstine à nous combattre. Dans son organe offtciel,la Revue occidentale, le Positivisme, par la plume de son grand prêtre, M. Pierre Laffitte, affirme que << la population doit devenir de plus en plus sympathique au gouvernement, puisqu' " il faut réduire l'électorat à son role nécessaire, au lieu de le faire pénétrer partout, au nom des principes et de droits prétendus absolus >>, il nous avertit encore que ,, le préjugé le plus grave de notre situation mentale est dans la prépondérance, qui va souvent jusqu'à l'extravap;ance, de la notion de progrès ... 11 y a là un rude courant à surmonter, ajoute l'écrivain. Depuis trente ans j'y ai consacré des efforts continus. » Plaignons M. Pie1re Laffite, plaignons aussi sa pauvre école. Le positivisme n'est même plus une philosophie figée, il n'en est guère que la forme, une sorte de vague religion avec ses dogmes et ses fêtes.ses prêtres et ses prédications; du prodigieux m0uvement intellectuel qui fut un des plus profonds du siècle derniers et tristes vestiges; telles les vieilles lunes, qui jadis illuminèrent de leur splendeur les nuits d'été. (t) V. Rente socialiste, novembre 1893, page 594. Question sociale et question morale, par Fr. Paiilhan.

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