LA REYUESOCIALISTE a nécessairement pour effet de rejeter au second plan des revendications qui ne font pas partie de la plate forme électorale. 30 Les candidats, préoccupés du triomphe de la liste commune, sont inévitablement entrainés à laisser dans l'ombre tout ce qui peut affliger les électeurs bourgeois dont ils demandent les suffrages. 4° Le sacrifice, - même temporaire et partiel - de l'idéal socialiste, à des considérations de tactique ou à des préoccupations de candidature, porte atteinte au véritable caractère d'un mouvement qui doit être révolutionnaire, sinon quant aux moyens, du moins quant au but. Par ces motifs, Emile Vandervelde (Bruxelles) présenta, au nom de la Fédération des Etudiant~ et anciens étudiants socialistes, l'ordre du jour suivant: « Considérant que le Parti Ouvrier est un parti de classe ; que des alliances électorales avec les partis bourgeois porteraient atteinte à ce principe ; « Le Congrès décide : que le Parti Ouvrier ne patronnera d'autres candidats que ceux qui accepteront intégralement le programme des ·congrès ouvriers internationaux. >' On voit par les considérants des deux ordres du jour en présence que le désaccord entre les deux fractions du Parti portait plutôt sur une question de tactique que sur une question principale. Anseele, au nom des Gantois, affirmait que dans les petites villes des Flandres, il serait absolument impossible de former des listes exclusivement socialistes, sans que les candidats soient immédiatement jetés sur le pavé par les chefs d'industrie. Bertrand et Demblon insistaient sur les avantages d'une forte représentation socialiste et sur l'influence que les socialistes peuvent p exercer sur la fraction radicale. Bref, ces considérations d'ordre pratique impressionnèrent le Congrès : la proposition Vandervelde fut repoussée par 1 1 o voix contre 97 et 6 abstentions, et le principe de l'autonomie des Fédérations fut adopté. Est-ce à dire cependant qu'aux élections prochaines les socialistes et les radicaux se coaliseront contre les conservateurs ? La question reste douteuse, et ce d'autant plus que les radicaux, qui viennent également de se réunir en Congrès, n'essaient pas seule_ ment de marcher d'accord avec les socialistes, mais encore avec le parti libéral modéré. Si cette dernière combinaison doit réussir, l'autre échouera par le fait même ; le Parti Ouvrier ne consentirait jamais à s'allier, ne fut-ce que pour un jour, avec un parti, dont les tendances ressemblent beaucoup à celles des progressistes allemands. Bruxelles, 27 mars 1894. Emile VANDERVELDE
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