LA PROPRIÉTÉ SOCIALE ET LA DÉMOCRATIE 4'75 vertu éducatrice, elle élève l'esprit. La science apprend la recherche de _·lavérité, à condition de ne pas connaitre seulement les résultats acquis, mais au prix de quels efforts ils ont été acquis. L'histoire des sciences et des savants; voilà ce qui donne à l'exposition des sciences une vertu morale et civique, voilà ce qui peut faire des citoyens et non des machines. De même la ·philosophie doit être plus scientifique, plus nourrie de faits et d'idées. Plus que jamais nous avons besoin d'études philosophiques, morales et sociales pour faire une démocratie élevée et éclairée. L'Ètat devrait exiger de tous ceux qui aspirent à l'honneur de le servir directement, une ou deux années de présence effective aux cours des lycées en rhétorique ou en philosophie, même pour les élèves qui se préparent à l'étude des sciences. " Si on exigeait d'abord pour l'entrée aux écoles, puis pendant le séjour aux écoles, de fortes études de philosophie morale, sociale et politique, les élèves auraient beau arriver en droite ligne des officines mêmes de la compagnie de Jésus, ils seraient forcés de faire enfin connaissance avec les idées modernes: mieux vaut tard que jamais. Ils subiraient J'influence d'une philosophie libérale ... De plus, que dans les écoles du gouvernement, près des professeurs d'histoire et de littérature, un professeur de philosophie morale et sociale enseigne les principes et les devoirs de la morale, les conditions nécessaires de la vie en société, les préceptes de la liberté et de l'égalité, le sens philosophique du principe de 89, etc, en rn mot tout ce qui est nécessaire à un citoyen pour comprendre et pratiquer les obligations de la vie civique, peut-être alors certains officiers ou certains ingénieurs seront-ils plus tolérants pour la société moderne. Leurs croyances ne perdront rien à être plus éclairées: ce qui y gagnera, c'est leur patriotisme.» M. Fouillée étudie ensuite les programmes actuels et propose diverses réponses: la Ire est d'y joindre un programme de morale développée par le professeur de philosophie pour prévenir à la fois le fanatisme et le scepticisme par des leçons scientifiques et chaleureuses: prêtre et roi se complètent, philosophe et citoyen ne se complètent pas moins. Certes, M. Fouillé a raison et c'est là l'idéal; mais où est la morale d'aujourd'hui? Quel est le philosophe qui nous a enseigné cette morale capable parmi tous les hommes de bien ? Quels sont les principes généraux scientifiques qui rempliront l'esprit? Qui les a formulés en termes simples et émouvants pour être facilement compris et _acceptésde tcus? Nous sommes dans une période de transition où la religion est morte et où la morale sociale ne l'a pas encore remplacée et nous attendons ces préceptes de ceux qui nous enseignent la philosophie scientifique. Ç'est aux hommes comme M, Fouillée qu'incombe le devoir de nous exposer cette morale. Oh ! je sais bien que M. FoujJJée prépare en ce momentla morale des idées forces qui viendra pour compléter son magni-
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