474 LA REVUE SOCIALISTE Il faut donc toujours se souvenir que la soumission à la majorité est un expédient nécessaire, mais que ce n'est qu'une transaction qui exige ainsi la modération dans le succès. A côté de cette question des majorités, se pose celle de la représentation proportionnelle si difficile il résoudre, et de la qualité des suffrages, plus aride encore. On ne doit pas oublier que dans la société comme dans tout organisme, deux forces sont nécessaires ; force de conservation et force de progrès d'où les conservateurs et les libéraux progressistes, mais que les mots ont changé de sens depuis dix ans!!! M. Fouillée en terminant, dit un mot de l'influence de la femme et propose de donner deux voix au père de famille. Je me rallierais volontiers à cette solution quoiqu'elle ne doive guère apporter d'amélioration au suffrage: mais je ne comprendrai jamais qu'on puisse donner à la femme un pouvoir politique. On doit lui conférer toutes les capacités civiles qu'elle n'a pas : c'est la pure justice; mais qu'on n'oublie pas que la femme est faite pour le foyer et qu'on doit tendre à lui conserver cette fonction. Il faut l'écarter de tout ce qui peut l'éloigner du foyer où l'appelle son esprit essentiellement conservateur : C'est au foyer qu'elle peut utilement exercer ses grandes qualités de grâce, de bonté, de patience et d'éducation : au dehors, c·est la lutte et la femme n·est faite pour la lutte ni physiologiquement ni psychologiquement. Dans son dernier livre, M. Fouillée traite en maître la grande question de l'instruction primaire, secondaire et supérieure. Il pense avec raison que l'instruction même primaire doit être surtout littéraire et esthétique; je dirai plus, philosophique. On s'étonne en effet, que l'instruction exerce peu d'influence sur la criminalité; c'est que l'instruction que l'on donne aujourd'hui est trop utilitaire et pas assez moralisatrice. C'est la morale publique. la vertu civique, le patriotisme qu'il faut inspirer à l'enfant et cette éducation devrait se continuer au régiment, à condition que l'officier se rende compte de son rôle social, qu'il le connaisse et le place non seulement à côté, mais au dessus de son rôle technique. Dans l'instruction secondaire, il faut placer au premier rang l'étude désintéressée de la philosophie morale, esthétique et sociale. C'est pourquoi j'ai toujours regretté que les nouveaux programmes se fussent arrêtés en deçà de la philosophie, car une éducation est incomplète où il n·y a pas l'étude des idées qui ont germé depuis l'enfance de l'humanité. Au dessus de la science même, ce qu'on doit enseigner. c'est la philosophie de la science. La science par elle-même est excellente pJur façonner l'esprit, mais, seule, elle finit par le rétrécir et nous en avons trop d'exemples aujourd'hui. Ce qui est plus utile que la réso1ution des théorèmes c'est la connaissance des principes, des résultats les plus généreux, et alors à ce point dernier, la science a une grande
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