La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

LA REVUE SOCIALISTE faibles que blàment les partisans de Darwin, si elle peut devenir parfois. dangereuse pour la santé physique de la race, ne peut-elle aussi préserver de la mort des intelligences utiles ou même supérieures qui, sans les soins de la famille ou sans les secours d'une assistance étrangère, n'eussent pu vivre ou se développer?» Ainsi, après avoir corrigé les inégalités nuisibles, la philanthropie:peut favoriser les supéi·iorités utiles. La philanthropie a aussi un avantage moral précieux puisqu'elle développe chez les individus et chez les peuples qui l'exercent les. qualités du cœur les plus impt>rtantes pour la vie sociale, les penchantti altruistes; or, la justice même est impossible sans ces penchants qui seuls peuvent refréner l'égoisme. La société idéale est d'ètre composée des peuples les plus intelligents, les plus moraux, les meilleurs, les plus justes et le milieu humain, dans l'avenir, sera sans doute le règne de la fraternité et de la justice. Cette appropriation des sociétés actuelles a la société idéale, par le progrès simultané de la science et de la sympathie, entrainera probablement une transformation du type de l'espèce, un développement du cerveau, une substitution de la force intellectuelle et morale à la force physique. Mais les lois de la multiplication des espèces donneront elles-mêmes une limite à cette transformation et l'équilibre s'établira entre le système nerveux et l'organisme. " Par cela même, la fécondité sera normale, ni trop grande ni trop petite ; l'harmonie existera entre la population et la propriété. Il y a donc du vrai dans cette conclusion finale à laquelle Spencer aboutit ~ l'excès de fécondité a rendu la marche de la civilisation inévitable (ajoutons la marche de la philanthropie) et la marche de la civilisation doit inévitablement ramener la fécondité à ses conditions normales. Ainsi se résoudra peut-ètre le problème qui avait tant inquiété Malthus, Par là aussi on voit que la philanthropie scientifique, en répandant l'instruction avec le bien être de la propriété, en élevant ainsi le niveau intellectuel des classes misérables, tend à établir chez elles l'équilibre de la fécondité et des fonctions intellectuelles, par conséquent à diminuer cette prolifération aveugle et parfois excessive qui inquiète. les économistes sinon pour le présent, du moins pour l'avenir. Ici encore les avantages de la philanthropie compensent, et au-delà, des inconvénients qui n'ont rien d'essentiel, » La philanthropie, toute légitime, tout utile qu'elle soit, répand ses. bîenfaits au hasard et sans condition; elle doit chercher à reparer, à rétablir les conditions normales du contrat social. La société doit d'abord veiller à ce que toute minürité, toute servitude, tout excès d'inégalité qui se produit par l'effet fatal des lois de la nature ou des lois sociales elles mêmes, soit supprimé ou allégé dans la mesure du possible. Les moyens les plus justes sont, en premier lieu, l'instruction et

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