LA PROPRIÉTÉ SOCIALE ET LA DÉMOCRATIE donner de robustes progénitures. C'est le luxe, la.mollesse et l'oisiveté qui sont une cause de décadence pour une génération. car l'assistance ne doit pas permettre l'oisiveté, mais exiger le travail en échange du service qu'elle rend. D'ailleurs, le dilemne posé par M. Fouillée est très exact: « De deux choses l'ui:ie : ou le mal secouru par la philanthropie est un germe fatal de déchéance et de mort pour l;i postérité de l'homme secouru, et alors la bienfaisance ne fera que retarder, sans l'empêcher, l'inévitable extinction de cette postérité, ou, au contraire, le mal est réparable et la postérité peut se relever, se fortifier, se perfectionner, en un mot gravir la montagne au lieu de redescendre; et alors faut-il blâmer la philanthropie d'avoir tendu une main secourable à ceux qui allaient tomber pour jamais? ... Nous verrons que les inconvénients, quand ils existent, sont compensés par des avantages ... Passons maintenant à l'action que la philanthropie peut exercer sur le milieu en le rendant plus favorable aux faibles et aux chétifs ... Parmi les conditions de milieu, d'hygiène et de santé qu'on peut ménager à un ensemble d'hommes, il faut noter d'abord les conditions normales, qui tendent à assurer le développement ou le fonctionnement normal des organes, par exemple un air pur, des aliments nourrissants et suffisants, des vêtements sains, des habitations salubres, un travail proportionné aux forces, etc. Une philanthropie qui s'efforce de réaliser ces conditions pour le plus grand nombre d'hommes possible, agit évidemment dans le sens même de la nature; elle fortifie les générations, loin de les affaiblir. Les populations soumises à des influences malsaines, deviennent chétives et maladives. Un excès de travail épuise l'intelligence et le corps des générations comme des individus. >' D'ailleurs, l'hérédité n'est pas tout et il ne suffit pas d'empêcher ses effets. Les meilleurs procédés de sélection seront sans grand résultat en l'absence d'une bonne éducation· soutenue par des lois justes sur la propriété, les impôts et les assurances. Quel doit donc être le but de la philanthropie pour que les avantages s'en fassent sentir? C'est d'abord de tendre à diminuer parmi les hommes les excès d'inégalité, économique, politique, intellectuelle. « Répandre et égaliser l'instruction générale, les sentiments moraux, le travail, les instruments premiers et"essentiels du travail, toutes les formes de la propriété vraiment sociale, relever ce qui est dans l'abaissement, ramener à la lumière commune ce qui est dans les ténèbres, rendre à la vie et à la santé ce que la misère menaçait de maladie ou de mort, c'est faire de la vraie justice réparative, c'est en même temps rétablir une certaine égalité entre les hommes dans la grande concurrence pour la vie, c'est par cela même supprimer les inégalités factices pour donner libre jeu aux supériorités naturelles, par essence bienfaisantes ·et non plus malfaisantes ... Cette conservation même des
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