La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

LA REVUE SOCIALISTE universalisée est le corollaire du suffrage universel, car l'ètre qui possède assez pour se suffire se possède seul lui-même et. en moyenne, est seul vraiment maitre de son vote. » Le livre suivant traite du fo11ds social d'assistance et de la philanthropie publique. La science sociale et la science naturelle doivent marcher de pair dans ces questions et la philanthropie ne peut plus se contenter des raisons de sentiment, elle doit devenir scientifique. Qpel est l'.! fondement moral du devoir public d'assistance et quelle est la liaison de ce devoir avec le droit de propriété? Quelles sont les limites nécessaires du devoir d'assistance? La philanthropie réglée par la science a-t-elle une influence heureuse ou nuisible sur le mouvement de la population et produit-elle dans la race une sélection utile ou funeste, un progrès ou une décadence? Telles sont les questions que M. Fouillée étudie, après Malthus et Darwin, en rectifiant ce que les théories de ceux-ci ont de trop absolu. En supposant que Malthus et Darwin aient raison en ce qui concerne l'avenir, la charge présente n'en existe pas moins et l'Etat a un devoir bien tracé envers ceux qui sont nés. Comme tous le~ hommes n'ont pas leur part des capitaux. qui ne manquent certes pas dans la société actuelle, il y a lieu à l'intervention de ce que M. Fouillée a appelé la justice réparath1e, sous la forme de l'assistance sociale. « Le respect des propriétés déjà existantes et de l'ordre établi, ne peut en droit pur, être exigé du nouveau venu que si, en échange on lui laisse à lui-même quelque moyen d'existence. li y a là un rapport contractuel, une convention tacite: je conviens de respecter vos moyens d'existence à la condition que vous respectiez les miens; je consens à respecter votre droit de vivre, à condition de ne pas voir le mien détruit en fait. )) Malthus, Darwin et Spencer nous disent que la qualité d'une société baisse sous le rapport physique par la conservation artificielle de ses membres les plus faibles; sous le rapport moral, par la conservation artificielle des indiYidus les moins capables de prendre soin d'eux-mêmes. - Ces deux propositions me semblent faciles à réfuter dans l'état actuel de la civilisation (elles ne sont exactes que dans la nature brute) d'abord en ce que, parmi les déshérités, il s'en trouve de robustes qui périssent faute d'aliments, de vêtements, de soins; ensuite, parce que la classe riche forme aujourd'hui une classe inférieure au point de vue corporel. à cause de sa vie de luxe et d'oisiveté. De plus, il est des maladies originelles que l'on guérit wmplètement; si l'on sui\'ait la loi de Spencer, on laisserait périr des malheureux qui, rendus à la santé, sont une richesse pour la société. Enfin, personne n'ignore 1 que c'est surtout dans les classes qui n'ont pas besoin de l'assistance que se font les mariages entre infirmes, car on n'allie que des fortunes, en laissant absolument de côté la santé et le sentiment qui seuls peuvent

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