La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

LA PROPRIÉTÉSOCIALE T LA DÉMOCRATIE <le tous qui a pour représentant l'Etat et par conséquent à déterminer, au point de vue du juste et de l'utile, les attributions économiques de l'Etat. Le communisme absolu qui veut socialiser la production, la distribution et la consommation, conduirait vite au dégoût de la Yte; Je communisme _mitigé, qui s'en tient a la production, arrêterait bien vite tout progrès. Reste donc la distribution des richesses où une certaine intervention de l'Etat est le plus admissible comme régulatc11r, comme 111odératc11r pour tenir la balance entre les libertés. les droits, les pouvoirs. L'Etat, contrairement à ce que pense l'école de M. Leroy Beaulieu a le droit et le devoir de faire des sacrifices pour rendre moins inégales les condition.s humaines. "L'Etat ne saurait être indifférent aux droits des derniers occupants : la société entière a des devoirs d'assistance et de protection envers eux; ce n'est pas de sa part charité pure, mais justice réparat,ve. » L'Etat doit donc favoriser la circulation et la répartition entre tous des premiers instruments du travail, matériels ou intellectuels; c'est là une fonction nécessaire, obligatoire et il a le droit d'intervenir dans toutes choses qui sont vraiment des services pubiics : routes, p~tes, télégraphes, monnaies, instruction. A cette liste dressée par M. Fouillée, j'ajouterai les banques et les chemins de fer, car ces deux fonctions sont générales, constantes et mécanisables. M. Fouillée étudie ensuite les meilleurs moyens d'accommoder la propriété sociale et la propriété individuelle et nous avons déjà eu occasion plus haut de traiter ce sujet; mais en dehors de ce qui touche à la propriété foncière elle-même, on doit examiner tout reYenu net qui renferme une portion attribuable à la société, c'est-à-dire prélevée au delà du recouvrement des frais et de la rémunération due au capital et au travail : ,< une meilleure assiette et une plus équitable répartition de l'impot qui 11edev,ait pas, en pesant sur les s11bsisfa11cesd,evenir UN IMPOTPROGRESSIAFREBOURSY, Oilà le plus sùr moyen de faire retourner en quelque sorte la partie sociale des revenus à la société entiàe. » Enfin l'héritage doit être frappé très lourdement toutes les fois qu'on sort de l'hérédité naturelle. ,< Dans tout héritage on peut dire qu'il y a une part sociale encore plus évidente que dans la propriété. La réserve en faveur de la société se fait actuellement par l'impot sur les successions, dont l'organisation présente est, par malheur, funeste .aux petits héritages, qu'elle absorbe, et trop favorable aux grands. » C'est e\,core (à un impôt progressif à rebours. Le capital, par lui-même, n'est pas un mal, mais un bien; ce qui est anti-social, c'est l'accumulation d'immenses capitaux dans une même maison; aussi la guerre du capital et du travail n'est-elle que provisoire et il arrivera un jour où les travailleurs participeront de plus en plus au capital proportionnellement à leur travail. « La propriété

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