LA REVUE SOCIALISTE avons parlé précédemment. Pendant cette dernière semaine, les Compagnies font remettre un nombre considérablé de livrets, sans s'inquiéter des années de présence à la mine ni des services rendus. C'est la semaine de l'agonie. Lens, Liévin, Béthune, Nœux succombent en détail. Courrières travaille au complet. Seuls Bruay et Meurchin tfennent encore haut et ferme le drapeau des revendications ouvrières. Mais la lutte n'est plus possible, il n'y a plus qu'à désarmer. La bataille a duré sept semaines. Les mineurs qui ont fait preuve d'un courage véritablement admirable, d'une solidité dans l'action tout-à-fait inattendue, pourraient reprendre le mot de François l0r : « Tout est perdu fors l'honneur. » Mais, heureusement, tout n'est pas perdu. Le syndicat reste debout. Les prolétaires de la mine auront leur revanche. *** Le 12 novembre, M. le général de France, commandant en chef le 1 cr corps d'armée, adressait aux troupes qui ont concouru « au maintien de l'ordre» pendant la grève l'ordre du jour suivant : Depuis c111quante jours, le~ gendarmes et les troupes de toutes armes du 1" corps d'armée, ainsi que des gendarmes venus d'autres régions, le 51' d'infanterie, les 5°, 14• et 10• régiments de dragons, et le 9• cuirassiers, ont reçu mission de protéger l'ordre et d'assurer la liberté du travail dans les bassins houillers du Nord et du Pas-de-Calais. Pendant tout ce temps, officiers, sous-officiers et soldats, vous avez eu à supporter des fatigues sérieuses, à subir des privations de tout genre et à accomplir un service difficile. Vo11savez rempli votre devoir avec la modération, le sang-froid et l'énergie qui conviennent dans ces circonstances délicates. Votre discipline a été parfaite, et partout, dédaigneux des injures, indifférents aux mensonges, vous avez donné l'exemple de l'abnégation la plus complète et du dévouement le plus absolu. Je serai heureux de rendre compte au ministre de la guerre que, fidèles observateurs de ses instructions, les troupes du 1er corps, les régiments détachés et la gendarmerie n'ont mérité que d_esfélicitations. DE FRANCE. Un peu plus tard, le commissaire de police d'Hénin-Liétard. l'auteur de l'arrestation illégale du citoyen Goullé recevait un avancement que ses chefs ont dtî qualifier de« très mérité». Enfin plus récemment, M. le procureur Siben, dont les réquisitoires valurent rien qu'aux grévistes de l'arrondissement de Béthune trois mille deux cent trente jours <[eprison, était nommé à Douai. Jusqu'ici, le gendarme qui tua le malheureux garçon meunier de Givenchy-en-Gohelle n'a pas encore été décoré. Le simple énoncé de ces faits suffit à donner la moralité de la grève. CAMILLE LESPILETTE.
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